Étiquetage nutritionnel dans la région du Pacifique occidental

Un article paru dans la revue Public Health Nutrition, en décembre 2025, s’intéresse aux instruments juridiques nationaux régissant la qualité et la sécurité des aliments dans la région du Pacifique occidental (38 pays, près de deux milliards d’habitants). Cette étude s’inscrit dans un contexte particulier : pour faciliter le commerce des denrées alimentaires, de nombreux pays adaptent leur politique d’étiquetage au Codex Alimentarius, un recueil de recommandations alimentaires élaboré par l’OMS, non obligatoire mais qui joue le rôle de « norme plancher ». Elle montre que sur vingt-huit pays étudiés, treize ont un étiquetage nutritionnel obligatoire, dont trois suivent strictement les normes du Codex, et quatre exigent l’affichage de tous les nutriments recommandés par l’OMS pour la prévention des maladies non transmissibles (MNT), telles que l’obésité et le diabète de type 2 (figure). À l’inverse, plusieurs pays n’ont requis l’étiquetage que sur des produits nutritionnellement malsains.

Nombre de pays prenant en compte les exigences du Codex Alimentarius et les recommandations de l’OMS dans l’étiquetage nutritionnel
Source : Public Health Nutrition

Les auteurs considèrent que le manque de données affichées et la diversité des instruments juridiques intrarégionaux sont des obstacles majeurs à l’instauration de politiques alimentaires de prévention des MNT. Les pays ont peu de pouvoir pour inciter les entreprises agroalimentaires à reformuler leurs produits. Celles-ci sont par ailleurs souvent opposées à des mesures d’étiquetage plus strictes. Une surveillance accrue de l’application des réglementations d’étiquetage est également requise, afin que les consommateurs puissent effectivement s’y référer.

Diane Bigot, Centre d’études et de prospective

Source : Public Health Nutrition

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