Atouts nutritionnels et environnementaux de la viande équine

La revue Agricultural Systems a publié, dans son numéro de février 2026, un article consacré à la viande équine, détaillant ses intérêts nutritionnels et environnementaux. La consommation mondiale de viande, totale et par personne, s’est fortement accrue ces dernières décennies. Elle est devenue une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et son excès pose des problèmes de santé publique. La viande bovine émet le plus de GES, mais en contrepartie les vaches permettent de valoriser, pour la consommation humaine, des ressources fourragères et des terres impropres aux cultures. Dans ce contexte, selon les auteurs, la viande équine mérite d’être considérée comme une alternative à la viande de bœuf, les chevaux étant eux aussi capables de valoriser des herbages.

Toutes les viandes sont, dans certaines régions, ou selon des religions ou cultures, l’objet de tabous et d’interdits. La particularité de la viande équine tient au fait que sa consommation varie largement entre des pays ou des régions qui partagent pourtant des socles socio-culturels similaires (voir un précédent billet). Par exemple, concrètement bannie aux États-Unis, l’hippophagie est plus classique au Canada. Les obstacles à sa consommation sont donc loin d’être universels.

La viande équine présente un profil nutritionnel intéressant, proche du poulet en matière de calories, de taux de protéines et de matière grasse, avec un taux de cholestérol encore plus bas. Tout en étant gustativement proche du bœuf, elle apporte plus d’acides aminés essentiels (figure). 

Propriétés nutritionnelles des principales viandes rouges
Source : Agricultural Systems
Lecture : comparaison des principales viandes en matière de : a) composition physique ; b) profil des acides gras : saturés (SFA), monoinsaturés (MUFA) et polyinsaturés (PUFA) ; c) composition en acides aminés essentiels et en cholestérol. Les viandes ont été uniformément traitées, en salaisons crues.

À l’échelle mondiale, les chevaux peuvent se nourrir sur des pâturages non accessibles aux bovins (plus éloignés, moins portants), et sur une plus grande période de l’année (y compris sous la neige). Avec une fermentation au niveau de l’intestin postérieur, le système digestif des chevaux émet moins de méthane que celui des ruminants : autour de 18 kg par tête et par an, contre 27 à 60 kg par bovin allaitant. Leurs performances zootechniques sont aussi très intéressantes, avec un gain moyen quotidien qui dépasse celui des bovins après l’âge de 16 mois, leur permettant d’atteindre, après trois ans à l’herbe, un poids vif supérieur aux bovins, doublé d’un rendement carcasse bien meilleur (65 % contre 55 %). Au total, avec des animaux de 18 mois, les émissions de méthane par kg de viande sont trois fois plus élevées pour le bœuf que pour le cheval.

Les atouts de la production équine sont donc nombreux, et ils plaident pour une meilleure connaissance des systèmes de production existants et de leurs performances. Sans prétendre approcher les volumes de production du bœuf au niveau mondial, l’élevage équin pourrait contribuer, d’après les auteurs, à maintenir et mieux valoriser certaines zones herbagères, avec une empreinte écologique réduite.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : Agricultural Systems

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