Une prospective de la filière équine européenne d’ici à 2040

Un webinaire, organisé par l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), en janvier 2026, présentait une prospective européenne de la filière équine à l’horizon 2040, réalisée par l’European Horse Network (EHN). Deux fiches, disponibles sur le site de l’IFCE, présentent les tendances et les scénarios qui en sont issus. La filière est en effet confrontée à de nombreux défis : attentes sociétales en matière de bien-être équin, changement climatique (ex. raréfaction de l’eau), pressions sur l’utilisation des terres, difficultés économiques, etc.

La prospective a débuté par un atelier réunissant des organisations membres de l’EHN (ex. associations équines nationales, instituts de recherche). Pour approfondir ces réflexions, des entretiens avec des personnalités investies sur les sujets équins ont été menés, et un questionnaire a été adressé à 45 acteurs de la filière dans 19 pays. Quatre scénarios d’avenir de la filière ont été construits (figure). Ils sont structurés selon deux axes rendant compte de la durabilité environnementale et économique des activités équines d’une part, et de l’acceptabilité sociale du cheval (utilisation, travail) d’autre part.

Les 4 scénarios de la filière équine européenne d’ici à 2040
Source : EHN

Dans le premier scénario (« Le cheval est partout »), outre les activités équestres classiques, de nouvelles utilisations se développent comme le slow tourism (ex. randonnées à cheval sur plusieurs jours) ou la thérapie assistée par les chevaux (équithérapie), entraînant l’apparition de nouveaux métiers. Les activités équestres sont bien acceptées par la société, malgré le changement climatique qui rend l’accès à l’eau plus difficile et induit une compétition entre différentes utilisations. Le développement de l’élevage de précision permet à la fois de mieux gérer l’énergie et la ressource en eau, de s’assurer du bien-être animal et de surveiller l’apparition d’une épizootie.

Le scénario « Le cheval en danger » se déroule dans un contexte difficile (bouleversements géopolitiques en Europe, changement climatique, etc.), où l’eau et le foncier agricole sont réservés aux productions alimentaires. Les échanges commerciaux sont limités ; l’export et le transport des animaux vivants sont réduits. Les compétitions équestres se raréfient et la pratique de l’équitation est mal perçue du fait des terres qu’elle mobilise. En revanche, le tourisme équestre et l’équithérapie sont en hausse car bénéfiques au bien-être et à la santé des humains.

Le scénario « Le cheval oublié » se situe dans un monde où les positions animalistes sont devenues dominantes. L’utilisation des chevaux est quasiment inexistante et ceux-ci sont relâchés dans une nature réensauvagée. L’équithérapie est la seule activité équine pratiquée car elle est mieux acceptée par l’opinion publique. Dans ces conditions, la filière disparaît et les savoirs correspondants sont oubliés.

Dans le dernier scénario (« Le cheval est un luxe »), les inégalités sociales sont importantes et posséder un cheval est un symbole de luxe. La filière se recentre sur un petit nombre de propriétaires fortunés et elle emploie une main-d’œuvre spécialisée autour d’un cheptel de petite taille.

Franck Bourdy, Centre d’études et de prospective

Source : IFCE

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