Dépendance à l’eau des filières soja et viande bovine, au Brésil

Une étude publiée par Trase, en janvier 2026, se penche sur les risques auxquels sont exposés les grands négociants brésiliens de viande bovine et de soja, du fait des sécheresses et des pénuries d’eau dans le pays. L’élevage bovin utilise autour de 10 milliards de m3 d’eau annuellement (essentiellement pour l’abreuvement avec des taux d’évaporation très élevés) (calcul sur 2015-2017). Ce volume excède largement la consommation urbaine totale des grandes agglomérations du pays. Pour ce qui est de la culture du soja, peu irriguée, elle dépend essentiellement des précipitations (besoin en eau annuel estimé à 200 milliards de m3) et est donc très sujette aux sécheresses.

Les auteurs ont quantifié et cartographié l’exposition aux risques de sécheresse et de pénurie d’eau de ces deux productions, pour chaque grand négociant, en lien avec ses lieux d’approvisionnement. Pour le soja, ils ont utilisé une probabilité de survenue de sécheresse calculée à l’échelle des municipalités, sur la période 1958-2018. Pour le bœuf et le soja irrigué, ils ont croisé les volumes prélevés dans les différentes masses d’eau avec les niveaux de risque de pénurie de celles-ci, fixés par une agence gouvernementale. Ils montrent par exemple qu’un tiers des exportations de bœuf du négociant Marfrig sont exposées à une forte pénurie d’eau, en lien avec ses approvisionnements dans des bassins fluviaux du sud du Brésil (figure). Des résultats plus étoffés de ce travail sont publiés dans un article de Communications Earth & Environment paru en août 2025.

Exposition aux pénuries d’eau des grands négociants en bœuf brésiliens, en fonction des bassins fluviaux où a lieu la production
Source : Trase
Lecture : les quatre niveaux de risque de pénurie (bas, moyen, fort et critique) ont été fixés par l’Agence nationale de l’eau et de l’assainissement brésilienne, pour chaque bassin fluvial du pays. Les nombres correspondent aux volumes d’eau en km3 (milliards de m3) utilisés pour l’approvisionnement des négociants.

Karine Belna, Centre d’études et de prospective

Source : Trase

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