L’industrie sucrière et ses externalités environnementales et sociales

Dans un article publié en juin 2025 dans Le mouvement social, le sociologue N. Larchet (université Le Havre Normandie) retrace l’histoire de la sucrerie de Colleville (Seine-Maritime), de 1902 à sa fermeture en 2003. La concentration économique n’a pas seulement transformé l’organisation des filières. L’intensification de la production agricole et industrielle a aussi généré de nombreuses nuisances (pollutions de rivières, mauvaises odeurs, risques professionnels liés à la présence d’amiante dans les locaux ou au bruit). Longtemps tolérés au nom de la défense de l’emploi et du rôle économique de la filière betteravière, les problèmes étaient connus des services de l’État, souligne l’auteur. La « prise de conscience environnementale » s’est construite progressivement : d’abord à partir des années 1970 avec les alertes de riverains et de pêcheurs, puis après la fermeture, avec les démarches des ouvriers pour faire reconnaître leurs maladies professionnelles. Mais des contrôles limités ont contribué à pérenniser cette situation et à renforcer l’importance de l’usine dans la vie locale, les langues se déliant seulement après la fermeture.

Source : Le mouvement social 

image_pdfimage_print