Rapport parlementaire : les protéines, levier de la transition alimentaire
Afin d’éclairer les débats sur les enjeux de souveraineté et de santé publique liés aux protéines dans l’alimentation, l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) publie en juin 2025 un rapport intitulé Protéines et alimentation.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisent un apport journalier de 0,83 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel, réparti à parts égales entre protéines animales – viande, lait, œuf, poissons et fruits de mer – et protéines végétales – céréales, légumineuses, légumes et fruits (figure). En France, la consommation moyenne de protéines est presque deux fois supérieure à cette recommandation, avec près des deux tiers issus de produits carnés. Ainsi, les deux tiers de la surface agricole utilisée (SAU) nationale sont utilisés pour la production de l’alimentation animale, et l’élevage est également une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre (fermentation entérique, déjections). Selon les auteurs, nourrir une population mondiale croissante – avec une disponibilité limitée des terres agricoles et des objectifs d’atténuation de l’impact climatique –, nécessitera donc de transformer nos habitudes alimentaires.
Les sources alimentaires d’apports protéiques journaliers, par continent
Source : FAO 2023, retraitements par Our World In Data
Plusieurs leviers de transition sont identifiés : rééquilibrer la part des protéines animales et végétales dans l’alimentation, diversifier les sources de protéines (algues, insectes), développer les techniques de production de protéines alternatives ( fermentation de précision, viande cultivée à partir de cellules animales, etc.).
Face à ces constats, l’Opecst formule des recommandations pour encourager cette transition : renforcer l’information et la sensibilisation des consommateurs sur les différents types de protéines, soutenir les offres alimentaires avec des protéines d’origines variées (expérimentation du menu végétarien dans les cantines scolaires, etc.), accompagner l’écosystème des protéines alternatives par des financements et par une réglementation exigeante mais adaptée, etc.
Le rapport souligne, dans ses conclusions, que cette transition alimentaire doit s’effectuer sans « diaboliser la consommation de viande », pilier de la gastronomie française, offrant des bénéfices nutritionnels par ses apports protéiques en quantité, et de qualité.
Jérôme Lerbourg, Centre d’études et de prospective
Source : Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opcest)



