Écologisation, bureaucratisation et transformation du métier de berger

Paru en avril 2025, un article de G. Sénéchal (sociologue, université Grenoble-Alpes) met en évidence les transformations du gardiennage des troupeaux en alpage, depuis le début des années 1990. Bénéficiant traditionnellement de larges marges de manœuvre pour conduire leurs troupeaux dans les estives, les bergers et leurs aides voient leur travail de plus en plus codifié et encadré par les engagements pris dans le cadre de mesures agro-environnementales, ou pour bénéficier des subventions des plans de lutte contre la prédation lupine. Les bergers vieillissants, entrés dans le métier dans les années 1970 ou 1980, s’adaptent difficilement aux exigences de planification et de traçabilité des déplacements. Ils assurent la surveillance rapprochée nécessaire pour prévenir les attaques au prix d’un surcroît de fatigue. Inversement, ces nouvelles contraintes ont favorisé l’insertion professionnelle de travailleurs saisonniers issus de la petite bourgeoise culturelle urbaine.


