Développement des options de court terme sur les marchés de grains

Dans le numéro de janvier 2025 du Journal of Agricultural and Applied Economics, des chercheurs de l’université du Dakota du Sud étudient le développement des options à court terme sur les marchés dérivés des céréales. Sur ces marchés financiers, les contrats à terme (futures) permettent une couverture contre les risques de variations des prix. Ils protègent des évolutions défavorables (hausse ou baisse selon la position des opérateurs), mais cette couverture fige les positions et ne permet pas de profiter d’éventuelles évolutions favorables.

Les options viennent compléter le dispositif en donnant le droit (et non l’obligation) à leur propriétaire d’acheter un contrat à terme à une échéance et un prix prédéterminés. Activées en cas d’évolution favorable, elles permettent alors de tirer parti de cette conjoncture. Le prix auquel ces options sont commercialisées est une source d’informations sur la volatilité à venir, telle qu’elle est anticipée par les marchés. Sur les dérivés de produits agricoles, les options classiques ont une durée de vie d’un an ou plus, permettant de couvrir plusieurs campagnes. Elles ont été complétées par des options mensuelles, couvrant les nouvelles récoltes, puis en 2011 par des options hebdomadaires. Ces dernières, de court terme, se sont nettement développées à partir de 2017, occupant une part croissante du marché des options sur le maïs et le soja (figure).

Évolution de la part des options hebdomadaires sur le maïs et le soja
Source : Journal of Agricultural and Applied Economics
Lecture : part, en pourcentage annuel, des options à échéance hebdomadaire par rapport aux options classiques, en positions ouvertes (Open Interest, rouge) et en volume de transaction (bleu), pour les marchés du maïs (à gauche) et du soja (à droite) à Chicago.

À partir des données de marché quotidiennes sur la période 2017-2021, les chercheurs développent plusieurs analyses économétriques sur l’usage de ces options et leur caractère informatif. Ils montrent qu’en plus de leur place tendanciellement croissante, elles sont particulièrement utilisées les semaines où le ministère de l’agriculture des États-Unis (USDA) publie ses rapports, ce qui peut impacter les marchés. Ainsi utilisées au moment de tensions et d’événements majeurs, elles ont tendance à surestimer la volatilité quotidienne des prix (volatilité implicite de Black & Scholes) par rapport à celle constatée a posteriori. Le fonctionnement des marchés d’actions, pourvus d’options journalières, suggère toutefois qu’elles pourraient permettre de mieux anticiper la volatilité intra-journalière.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : Journal of Agricultural and Applied Economics

 

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