L’impact économique du surpoids et de l’obésité en 2035
Basée en Grande-Bretagne, la World Obesity Federation publie régulièrement des panoramas sur l’obésité dans le monde dont, en mars 2023, la cinquième édition de son Atlas. Pour ce faire, elle retient la définition de l’Organisation mondiale de la santé : « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle », estimée par un indice de masse corporelle supérieur à 25 pour le surpoids et à 30 pour l’obésité. L’ONG britannique considère qu’il s’agit d’une maladie chronique complexe, « à rechute ». L’atlas 2023 est consacré à ses impacts économiques : dépenses de santé, effets sur la productivité des morts prématurées, de l’absentéisme et du ralentissement au travail. Les données de l’OCDE permettent d’établir des projections à l’horizon 2035 pour chaque pays (figure ci-dessous).
Projections des conséquences économiques (millions de $US) du surpoids et de l’obésité, d’ici 2035, pour la France : par type de coûts (en haut), par indicateur (en bas)
Source : World Obesity Atlas
Lecture : BMI = indice de masse corporelle (IMC). GDP = produit intérieur brut (PIB). L’item « presenteeism » renvoie à la perte de productivité au travail (ralentissement de l’activité, pauses supplémentaires, etc.).
Si les tendances actuelles se prolongent, 4 milliards de personnes (51 % de la population mondiale) devraient être en surpoids en 2035 et environ 2 milliards (25 %) obèses. L’impact économique serait de 4,32 milliards de dollars (de 2019), soit 2,9 % du PIB global. Ce chiffre est comparé à celui du Covid-19, responsable d’une contraction du PIB global de l’ordre de 3 % en 2020, selon la Banque mondiale. L’obésité infantile ferait plus que doubler, s’établissant autour de 20 % pour les garçons et 18 % pour les filles. Sont particulièrement concernés certains pays aux revenus bas ou moyens (lower-middle income countries) comme le Pakistan, l’Indonésie et le Nigéria, suivant une trajectoire déjà connue par le Mexique, le Brésil et la Turquie.
Par le passé, l’ONG s’est intéressée à la population infantile, aux risques liés au Covid-19 et, plus généralement, aux comorbidités. Les chiffres avancés ici confirment les tendances de ses précédents rapports, ce qui justifierait selon elle des plans d’action nationaux vigoureux. Un récent webinaire de sensibilisation évoque certaines des pistes identifiées à la fin du rapport : reconnaissance de l’obésité comme maladie et mise en place de recommandations nationales en matière nutritionnelle et médicale, réduction des inégalités sociales, meilleure dotation des systèmes de santé.
Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective
Source : World Obesity Federation


