Fermeture du détroit d’Ormuz : quelles conséquences pour les prix des engrais ?

Dans un billet publié début mars 2026 sur le blog de l’International Food Policy Research Institute (IFPRI, voir un précédent portrait), J. Glauber revient sur les conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz pour la sécurité alimentaire mondiale. Le transit maritime a chuté de 70 % début mars, en raison des risques d’attaque et du renchérissement des assurances.

En temps normal, 27 % du pétrole, 20 % du gaz naturel liquéfié et 20 à 30 % des engrais (urée, ammoniac, phosphates, soufre) sont exportés par cette voie. Pour de nombreux pays, l’origine Golfe persique a constitué une alternative aux importations provenant auparavant de la mer Noire. Ce phénomène s’est amplifié avec les restrictions à l’exportation de la Chine en matière d’engrais azotés ou phosphatés. Certains grands pays agricoles sont de fait très dépendants de leurs importations d’engrais en provenance du Golfe (figure). Conséquence de la chute des flux commerciaux, les prix mondiaux du pétrole, du gaz et des engrais ont fortement augmenté (+19 % pour l’urée en une semaine pour atteindre 590 $/Mt le 5 mars et +5 % pour le phosphate diammonique). Ces hausses pourraient se traduire à terme par une augmentation des prix des céréales (notamment blé et riz), qui constituent une part essentielle de l’alimentation mondiale.

Part de l’urée importée en provenance du Golfe persique, dans plusieurs grands pays agricoles, en 2025, en tonnes
Source : International Food Policy Research Institute

Enfin, les pays de la région dépendent aussi largement, pour leur alimentation, du commerce maritime passant par le détroit d’Ormuz. Les produits les plus concernés sont les céréales, le soja, les oléagineux, les huiles végétales et le sucre.

Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective

Source : International Food Policy Research Institute

image_pdfimage_print