F. Molle, S. Barone (dir.), Bonnes pratiques dans les politiques mondiales de l’eau : revisiter les mantras de l’eau, Routledge, 2026, 310 pages

Cet ouvrage scientifique scrute vingt « bonnes pratiques », entendues comme des affirmations largement reprises, diffusées et souvent considérées comme allant de soi, qui structurent actuellement les politiques mondiales de l’eau. Plusieurs idées reçues sont mises en discussion : le goutte-à-goutte permettrait d’économiser l’eau ; la réutilisation des eaux usées traitées réduirait mécaniquement la rareté ; l’organisation par bassin améliorerait automatiquement la gestion de l’eau ; etc.

L’ouvrage invite à ne pas considérer une solution comme a priori pertinente au seul motif qu’elle est érigée en « bonne pratique », mais à en apprécier les externalités, les risques et les effets collatéraux. Ainsi, le goutte-à-goutte peut accroître l’efficacité de l’irrigation à la parcelle sans entraîner d’économie globale d’eau si les surfaces irriguées augmentent. De même, la réutilisation des eaux usées traitées peut perturber les équilibres des cours d’eau et pénaliser, par exemple, les débits d’étiage. En revisitant ces pratiques souvent tenues pour évidentes, l’ouvrage montre que les enjeux liés à l’eau sont rarement purement techniques : ils engagent des rapports de pouvoir, des arbitrages et des choix de société, à évaluer au regard des contextes locaux et des effets inattendus des interventions et pratiques proposées.

Delphine Acloque, Centre d’études et de prospective

Source : Routledge

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