Une prospective de la contribution du secteur forêt-bois suisse à l’atténuation du changement climatique
Une étude publiée dans Forest Policy and Economics, en avril 2026, évalue l’atténuation du changement climatique dans le secteur forêt-bois suisse, d’ici à 2050. Les auteurs construisent cinq scénarios prospectifs et estiment leurs impacts sur quatre variables : la séquestration du carbone en forêt, le stockage dans les produits bois, les effets de substitution matérielle ou bien énergétique. Deux ateliers avec 19 experts scientifiques et 14 entretiens avec des professionnels ont été organisés. Les résultats, qualitatifs mais systémiques, soulignent l’existence d’antagonismes entre les quatre leviers d’atténuation, qui varient selon les développements socio-économiques nationaux et globaux (figure).
Cinq scénarios prospectifs du secteur forêt-bois suisse d’ici à 2050
Source : Forest Policy and Economics
Par exemple, l’essor d’une sylviculture proche de la nature maximise la séquestration, mais ne permet d’atteindre la neutralité climatique que si du bois est importé pour satisfaire les besoins des industries de transformation du bois suisses (scénario CH-FSP1). Un désintérêt pour les biomatériaux, dont le bois, s’il est associé à une persistance des barrières commerciales internationales, mènerait à un désengagement de la gestion forestière en Suisse. Cela favoriserait l’accumulation de carbone en forêt, qui ne serait exploitée que dans les zones les plus accessibles pour produire de l’énergie (CH-FSP3). À l’inverse, une demande de bois plus élevée inciterait à davantage gérer les forêts de manière active, rééquilibrant stockage et effets de substitution au prix d’une diminution du carbone en forêt (CH-FSP4).
Miguel Rivière, Centre d’études et de prospective
Source : Forest Policy and Economics



