L’épigénétique permet d’identifier un herbicide comme facteur de risques de cancers précoces
Le numéro d’avril 2026 de Nature Medicine comporte un article consacré aux facteurs accroissant le risque de cancer colorectal précoce. Il développe une méthode épigénétique innovante et met en évidence les risques associés à l’exposition à l’herbicide piclorame. Les chercheurs ont analysé et cartographié les sites de méthylation de l’ADN (replis affectant le fonctionnement et l’expression des gènes) dans les tumeurs cancéreuses, et les ont comparés avec les modifications induites in vitro par différentes expositions, en contrôlant par les facteurs liés au mode de vie des patients. L’analyse des sites de méthylation dans les tumeurs montre des empreintes identiques à celles laissées par les expositions in vitro. La validité des résultats obtenus a été confirmée sur des cohortes contenant les données réelles d’exposition des patients. L’empreinte du piclorame, testé parmi d’autres pesticides et polluants, est tout particulièrement retrouvée dans ces cancers colorectaux précoces, ce que confirme une analyse géographique des usages et des cas. Il apparaît comme un facteur environnemental spécifique et biologiquement associé à cette forme de cancers. Au-delà de cet herbicide, cette approche novatrice permet de rechercher les empreintes laissées par les molécules sans connaître a priori l’exposition des patients, et constitue à ce titre une percée majeure en toxicologie.
Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective
Source : Nature Medicine



