Scénarios de transition alimentaire, réduction de la consommation d’aliments d’origine animale et dépréciation des actifs agricoles

En janvier 2026, Nature Food a publié un article sur les actifs échoués de l’agriculture en Europe et au Royaume-Uni, selon les scénarios de substitution des protéines végétales aux protéines animales élaborés par la commission EAT-Lancet. Les « actifs échoués » sont le résultat d’une dépréciation accélérée des actifs immobilisés, suite à la perte de leur utilité ou de leur valeur économique. Dans le cas de la baisse de consommation des produits d’origine animale, seraient concernés les bâtiments, machines et équipements spécifiquement dédiés à l’élevage, ainsi que les cheptels reproducteurs. Les chercheurs démontrent que 78 % des capitaux fixes du système alimentaire de l’UE et du Royaume-Uni sont liés à l’élevage (figure).

Décomposition des actifs des exploitations agricoles en 2020, dans l’Union européenne et au Royaume-Uni
Source : Nature Food

Une réduction de 9,5 % de la consommation de ces productions (scénario modéré) pourrait diminuer la valeur de ces actifs de 20 %. Les scénarios EAT-Lancet plus ambitieux en matière de substitution des protéines végétales aux protéines animales entraîneraient, quant à eux, 49 % à 73% de pertes. Néanmoins, selon les auteurs, si des politiques incitaient à réduire progressivement les investissements dans ces actifs qui n’auront plus d’usage, l’impact pourrait être fortement limité. En l’absence de soutien public pour accompagner cette transition, la vulnérabilité économique des producteurs pourrait devenir un frein majeur aux transformations environnementales nécessaires au respect les objectifs climatiques mondiaux.

Julie Blanchot, Centre d’études et de prospective

Source : Nature Food

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