PORTRAIT : le Countryside and Community Research Institute : un centre de recherche britannique de référence dans l’étude des territoires ruraux

Le Countryside and Community Research Institute (CCRI) est un centre de recherche basé au Royaume-Uni et spécialisé dans l’étude des territoires ruraux et de leurs évolutions. Créé en 1988 et rattaché à l’université du Gloucestershire, il regroupe une quarantaine de chercheurs en sciences sociales et naturelles, et ses activités ont une forte dimension pluridisciplinaire. Ses travaux comportent quatre axes : la durabilité de l’agriculture et de l’alimentation ; les rapports culturels à la nature ; la gestion de l’environnement ; les rapports entre espaces ruraux et urbains

Parmi ses publications récentes, une étude parue en janvier 2026, dans le Journal of Rural Studies, se penche sur les leviers et barrières à l’adoption de pratiques agricoles visant à réduire la dépendance aux intrants extérieurs au territoire. Menée auprès de 96 exploitants et professionnels du secteur en Italie, en Norvège et au Royaume-Uni, l’enquête relève les freins aux changements de pratiques. Les acteurs rencontrés tendent à rejeter certaines des solutions discutées lorsqu’elles rentrent en conflit avec leurs connaissances individuelles de l’agriculture. C’est le cas pour l’élevage bovin mixte en Norvège qui, aux yeux des enquêtés, ne parait pas plus vertueux que l’élevage allaitant. Les chercheurs recommandent ainsi aux porteurs de politiques publiques de proposer aux agriculteurs plusieurs mesures au choix plutôt que de leur en prescrire certaines spécifiquement. Les enquêtés ont également déploré le décalage entre la réglementation encadrant ces pratiques et les contraintes territoriales (ex : gestion des couverts en Italie). Les auteurs se positionnent donc en faveur d’une plus grande flexibilité réglementaire, qui soutiendrait la co-conception de solutions locales.

L’originalité du CCRI réside aussi dans son approche du rural et de l’urbain, l’organisme considérant qu’il y a une continuité du gradient urbain-rural et s’intéressant aux interactions entre territoires le long de ce gradient. Un ouvrage collectif paru à l’automne 2025, fruit d’une collaboration avec d’autres instituts, illustre cette démarche. Ses seize chapitres s’appuient sur des cas d’étude européens pour explorer la manière dont les services écosystémiques peuvent favoriser les synergies ville-campagne. L’un d’entre eux examine la capacité des paiements pour services environnementaux (PSE) à favoriser la production de services écosystémiques. Ils peuvent connecter demande urbaine et offre rurale en services écosystémiques (figure). Toutefois, leur efficacité et leur équité peuvent être amoindries par la prise en compte limitée, dans les contrats, de la diversité des usages et des usagers, ainsi que par le décalage entre le périmètre administratif  et celui des processus écologiques en jeu. Les auteurs recommandent donc de développer des dispositifs territorialement flexibles et hybrides financièrement (public-privé).

Une illustration de PSE rémunérant des services de régulation de la qualité et de la quantité d’eau

Source : Countryside and Community Research Institute
Lecture : les usagers urbains situés en aval d’un bassin versant financent des pratiques mises en œuvre par des gestionnaires en amont, à l’origine de services liés à l’eau : filtration, réduction des risques d’inondation, recharge des nappes phréatiques, etc.

Valentin Cocco, Centre d’études et de prospective

Source : Countryside and Community Research Institute

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