N. Darcel, A. Maurice, coord., Étudier les changements de comportements alimentaires. Approches interdisciplinaires, méthodes et enjeux éthiques, Éditions Quæ, décembre 2025, 204 pages
Cet ouvrage s’intéresse aux approches scientifiques permettant de comprendre l’évolution des conduites alimentaires. Les auteurs soutiennent que, pour appréhender les phénomènes complexes et multifactoriels qui régissent les choix et pratiques alimentaires, il est nécessaire de développer de nouvelles méthodes de recherche combinant plusieurs champs disciplinaires. L’ouvrage est divisé en quatre parties qui traitent : des concepts et démarches des différentes disciplines, des travaux de recherche associés, des exemples d’études interdisciplinaires, et des liens avec les enjeux sociétaux actuels.
Un des exemples de travail interdisciplinaire porte sur l’hybridation entre les sciences cognitives et les sciences numériques. Les premières apportent des cadres conceptuels pour déchiffrer les mécanismes de choix alimentaires, quand les secondes utilisent des outils et modèles mathématiques pour opérationnaliser et tester les hypothèses. Cette combinaison est illustrée par une étude des choix alimentaires en restauration universitaire. En comparant les observations comportementales réelles avec les résultats d’un modèle multi-agents, les chercheurs relèvent plusieurs dissonances entre les déclarations des participants et les prévisions faites. Cette approche permettrait donc de mieux appréhender l’influence de facteurs parfois inconscients sur les décisions alimentaires. Par exemple, elle met en valeur le compromis entre les influences sociales et les préférences alimentaires, souvent en faveur des premières.
Les auteurs insistent, en conclusion, sur la place des citoyens dans l’élaboration de l’action publique. Loin d’être de simples destinataires des messages diffusés, ils sont des acteurs à part entière dans la reconfiguration des systèmes alimentaires. Selon eux, c’est donc en combinant la spécialisation disciplinaire et la participation citoyenne que la recherche sera le plus à même d’accompagner les transitions alimentaires. Il est nécessaire d’appréhender la complexité des comportements alimentaires à travers une approche globale, pour mesurer à la fois les effets d’une intervention publique, les mécanismes sous-jacents, les différents contextes et les compromis auxquels les individus sont confrontés.
Diane Bigot, Centre d’études et de prospective
Source : Éditions Quæ



