Besoins en eau d’un projet alimentaire territorial, en région parisienne
Les Cahiers Agricultures ont publié en août 2025 une étude prospective, menée par des chercheurs de l’INRAE, sur les besoins en eau liés à la diversification maraîchère et légumière en région parisienne, à l’horizon 2060. Ce travail examine, sous l’angle de la ressource en eau, les conditions d’une relocalisation pérenne de la production alimentaire dans la région. Celle-ci implique une diversification maraîchère et légumière, ces productions approvisionnant majoritairement des circuits de proximité. L’étude porte sur le périmètre d’un Projet alimentaire territorial (PAT) du sud-ouest de l’Île-de-France (figure). Les auteurs ont mené des entretiens auprès de 10 exploitations diversifiées (ex. céréaliers producteurs de légumes), sur un total de 205 exploitations agricoles. Ils se sont aussi fondés sur les données hydro-climatiques issues du projet Explore2.
Périmètre du Projet alimentaire territorial de la Plaine aux Plateaux (sud-ouest francilien)
Source : Cahiers Agricultures
Actuellement, la production régionale ne couvre que 12 % de la consommation francilienne, mais le nombre d’exploitations maraîchères a presque doublé entre 2010 et 2020. 83 % de celles-ci recourent à l’irrigation et leur nombre est en hausse de 18 % sur la période 2010-2020. À l’échelle du PAT étudié, les besoins en eau pour l’irrigation d’une exploitation diversifiée devraient augmenter d’au moins 40 % d’ici à 2060, comparé à 2000, dans un scénario climatique pessimiste (RCP 8.5). En parallèle, l’eau souterraine disponible pour l’irrigation devrait diminuer. Ainsi, les territoires présentant de futurs risques de tensions sur l’eau ne sont pas seulement ceux où le climat impactera le plus fortement la disponibilité de l’eau, mais aussi ceux ayant des projets de relocalisation de l’alimentation exerçant de fortes pressions sur la ressource.
Les entretiens avec les agriculteurs locaux montrent que les forages individuels sont la principale source d’eau pour l’irrigation dans ce territoire (figure). Le stockage de l’eau est pour eux la solution prioritaire pour pérenniser la production de cultures maraîchères et légumières, et répondre à la demande locale des ménages tout en se conformant aux référentiels techniques des cuisines centrales de restauration collective (ex. calibrage). Les auteurs questionnent ces exigences et pointent le manque de données disponibles sur « l’équivalent eau » des besoins alimentaires de la restauration collective. Ils invitent à inscrire ce sujet dans l’ensemble des stratégies alimentaires, et à lier PAT et Projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE).
Profils des exploitations diversifiées concernées par l’enquête
Source : Cahiers Agricultures
Marie Martinez, Centre d’études et de prospective
Source : Cahiers Agricultures




