Adaptation aux fortes chaleurs, santé et productivité des ouvriers agricoles
Des chercheurs de l’université de Bologne ont publié en septembre 2025, dans la revue Bio-Based and Applied Economics, une étude exploratoire sur l’efficacité des mesures d’adaptation aux fortes chaleurs, pour les travailleurs agricoles.
Ils ont conduit une enquête auprès des dirigeants de 9 grandes exploitations d’Émilie-Romagne, employant de nombreux salariés durant la période estivale et déjà sensibilisés au bien-être des travailleurs. La perte de productivité des salariés peu spécialisés (récolte de fruits par exemple), plus exposés, est évaluée à environ 30 % durant les canicules. Le décalage des horaires de travail en début de journée ou l’augmentation de la fréquence des pauses, avec accès à l’eau potable, sont jugés efficaces, peu coûteux et simples à mettre en œuvre (figure). Les auteurs recommandent aussi des incitations ciblées pour soutenir la construction « d’infrastructures d’ombrage », efficaces mais plus coûteuses.
Priorité donnée, par les responsables d’exploitation enquêtés, aux différentes mesures d’adaptation aux fortes chaleurs
Source : Bio-Based and Applied Economics
Lecture : le niveau de priorité a été obtenu par un processus d’analyse hiérarchique en demandant aux enquêtés de comparer les mesures d’adaptation deux à deux, sur différents critères. L’exploitation des réponses conduit à calculer, en plusieurs étapes, une valeur normalisée permettant de classer l’efficacité perçue des mesures d’adaptation. Ainsi, le décalage des horaires de travail (bleu foncé) est la mesure plébiscitée par les enquêtés, devant l’augmentation de la fréquence des pauses avec mise à disposition d’eau potable (vert). En revanche, la mise en place de systèmes d’ombrage (orange) ou la fourniture d’équipements adaptés (vêtements notamment, en bleu clair) sont comparativement estimées moins aisées et/ou trop coûteuses.
Source : Bio-Based and Applied Economics



