Le Déméter 2025. Nourrir 2050 : de la fiction à la réalité, S. Abis (dir.), A. Marie (coord.), Éditions IRIS, 2025

Cet ouvrage, publié annuellement par le Club Déméter, s’interroge dans son édition 2025 sur les futurs possibles des systèmes agricoles et alimentaires à l’horizon 2050. La première partie, « Agrosphères », s’intéresse aux conséquences, pour l’agriculture, d’évolutions géo-économiques, scientifiques, climatiques, géopolitiques et sociodémographiques. La deuxième, « Regards d’avenir », met l’accent sur les cas spécifiques du Pakistan, du marché des fruits rouges et des banques de ressources génétiques. Enfin, la troisième partie, « Repères », se focalise sur la culture des noix, sur les plantes à parfum, aromatiques et médicinales, sur le marché du carbone, et dresse une synthèse de la consommation alimentaire des Français.

L’un des articles de l’ouvrage propose une fiction prospective sur les innovations agricoles. Celle-ci nous projette en juin 2040, en milieu céréalier. Le réchauffement climatique y entraine des moissons précoces, raccourcit les cycles de végétation, augmente les besoins en eau et diminue les rendements. La motorisation électrique ou à hydrogène a permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et le développement des équipements photovoltaïques rend les exploitations plus autonomes en énergie. L’agriculture utilise les microbiotes des plantes et des sols pour protéger les cultures et améliorer les rendements. Le développement de maladies, en particulier liées à des mycotoxines, est maitrisé par l’utilisation de variétés résistantes, seules ou en mélanges. Enfin, de larges bandes fleuries améliorent la pollinisation et le biocontrôle.

Un autre article présente quatre scénarii d’évolution de l’insécurité alimentaire mondiale d’ici 2050. Dans le scénario tendanciel, 26 % de l’humanité seraient sous le seuil de pauvreté à cette date (22 % actuellement), 11 % seraient victimes de sous-nutrition, et un tiers en insécurité alimentaire. Dans un scénario impliquant une « montée des souverainetés adverses », caractérisé notamment par des nationalismes exacerbés, 40 % de la population seraient pauvres et la moitié de l’humanité souffrirait d’insécurité alimentaire. Dans le scénario de rupture, induisant une trajectoire de développement durable, le nombre de personnes pauvres serait divisé par deux, et 13 % seulement de la population seraient en état d’insécurité alimentaire. Enfin, dans le scénario associant libéralisme économique et emploi des hautes technologies, 14 % des habitants souffriraient de sous-nutrition et 42 % d’insécurité alimentaire.

Outre ces deux articles, le Déméter 2025 met l’accent, de façon transversale, sur les pays asiatiques, qui constituent des défis pour la sécurité alimentaire du fait de leur part croissante dans la population mondiale.

Franck Bourdy, Centre d’études et de prospective

Source : Club Déméter

image_pdfimage_print