Vin, géopolitique et soft power

En janvier 2025, N. Rouiaï (géographe, Institut des sciences de la vigne et du vin) a fait une conférence sur le rôle du vin dans les rapports de force géopolitiques. Elle rappelle le poids économique de la filière vitivinicole dans l’économie mondiale. Reprenant les catégories de J. Nye, elle montre que le vin est un vecteur de soft power, c’est-à-dire qu’il a la capacité d’influencer les comportements des acteurs de la scène internationale, via son « attractivité culturelle ». Plusieurs exemples tirés du cinéma témoignent de la façon dont les vins français, toujours des Champagne et des Bordeaux, jouent comme marqueurs de distinction et de raffinement. De longue date, les grands vins honorent les visites de dignitaires étrangers. Cette « diplomatie culinaire » se poursuit avec la création de la cave de l’Élysée en 1947, ou plus récemment avec l’inscription du repas gastronomique des Français au patrimoine culturel de l’humanité. Ainsi mis en avant, le secteur vitivinicole devient une cible dans les moments de tension, comme le montrent le différend avec les États-Unis en 2019 à propos d’aides à Airbus, et les déclarations récentes de D. Trump.

Source : Les vendanges du savoir

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