Maltraitance animale, réseaux sociaux et indignation collective
B. Loveluck (Télécom Paris) consacre un article aux mobilisations qui ont suivi la découverte du cadavre mutilé d’un chat à Draguignan, en 2017. Apparemment très locale, cette affaire est considérée par les militants de la protection animale comme un grand succès national : nombreuses reprises médiatiques, pétition totalisant 265 000 signatures, manifestations de rue, etc. Elle permet de saisir certaines évolutions du rapport Humain-Animal dans un contexte de sensibilité croissante à la maltraitance (voir à ce sujet un précédent billet). Avec le développement des réseaux sociaux, les associations de protection se trouvent concurrencées par de nouveaux « entrepreneurs de cause » sans passé militant. Les protagonistes des actions collectives développent des compétences de modération, mais jouent un rôle ambigu en encourageant des réactions d’indignation, voire la violence. La question animale apparaît aussi liée aux rapports entre groupes sociaux, la maltraitance étant fréquemment associée à la stigmatisation des jeunes et à des préjugés racistes. Cet épisode de Draguignan est d’autant plus instructif qu’il s’avéra reposer sur un faux témoignage.
Source : Revue française de science politique


