Recommandations de la Banque mondiale pour améliorer la sécurité alimentaire
Dans un rapport publié en mai 2026, la Banque mondiale examine les systèmes agro-alimentaires du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, du Pakistan et de l’Afghanistan, et formule des recommandations pour en améliorer l’efficacité. Ces pays font face à des situations difficiles avec une augmentation de la part de leur population en insécurité alimentaire. Celle-ci est passée de 12 % en 2003-2005 à 18 % en 2023-2025. Cette sous-alimentation coexiste avec des phénomènes de malnutrition : 62 % des adultes de la région sont en surpoids ou obèses.
Les auteurs considèrent que ces pays sont en mesure d’améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle, à condition de mettre en œuvre des politiques plus ambitieuses, mieux coordonnées et laissant une place accrue au secteur privé. Ils formulent sept recommandations en ce sens, qui font chacune l’objet d’un chapitre.
Ils suggèrent d’abord de lutter contre le gaspillage alimentaire, un tiers de la production agricole de la région étant perdu en raison d’infrastructures logistiques peu performantes. Éviter ces pertes post-récoltes est d’autant plus indispensable que la demande alimentaire de la zone devrait augmenter de 67 % d’ici à 2050, sous l’effet conjoint de la croissance démographique et de la hausse des revenus.
Augmenter les volumes produits nécessitera des investissements importants, en particulier dans des systèmes d’irrigation plus performants et économes. L’agriculture représente en effet 87 % des usages de l’eau dans la région et les volumes prélevés dépassent de 26 % les seuils de soutenabilité. Les modélisations réalisées par les auteurs évaluent à 12 milliards de dollars le montant annuel des investissements à réaliser. Pour y parvenir, ils proposent de mobiliser des capitaux privés, en complément de soutiens publics qui devraient être mieux ciblés qu’ils ne le sont aujourd’hui. Cela permettrait d’accroître les niveaux de production mais également de créer cinq millions d’emplois dans le secteur agricole et alimentaire, principalement en dehors des exploitations. En élevant le niveau de vie des personnes concernées, ces emplois nouveaux contribueraient à renforcer leur capacité à accéder à une alimentation suffisante et de qualité, et ils participeraient donc à soutenir la sécurité alimentaire. Enfin, les auteurs estiment qu’elle passe également par le commerce international, ce qui implique de sécuriser et diversifier les approvisionnements.
Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective
Source : Banque mondiale



