Arbres, agroforesterie et normes professionnelles

Un article paru en mars 2026 dans Land Use Policy s’intéresse à des agriculteurs anglais ayant fortement développé la couverture arborée de leurs exploitations. Il montre comment la figure du « bon agriculteur », entendue comme une norme d’excellence professionnelle, s’ouvre à des pratiques plus favorables à l’environnement. Cette inflexion prend sens dans un espace local où les façons de cultiver et d’élever sont visibles, observées et jugées par les pairs. Les arbres sont souvent implantés sur des terres marginales ou peu rentables (coins de champs, zones humides, parcelles envahies par les fougères), tandis que les meilleures terres restent consacrées à la production. Ce choix devient lui-même un signe de compétence. Les arbres cessent ainsi d’être perçus comme des indices de sous-exploitation des terres pour devenir des marqueurs de bonne gestion, dans un contexte où les paiements environnementaux et les aides à la plantation renforcent la justification économique de ces pratiques. L’article souligne enfin que ce tournant reste socialement sélectif, plus accessible aux exploitants disposant de marges de manœuvre foncières ou financières pour expérimenter.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Land Use Policy

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