Les politiques agroenvironnementales au Québec : intervenir sans s’investir

Un article, mis en ligne en juillet 2025 dans la Revue internationale de politique comparée, s’intéresse aux politiques agroenvironnementales du Québec. Il met en lumière une forme ambivalente de désengagement de l’État, celui-ci affichant des interventions ambitieuses sans se doter des moyens nécessaires pour les réaliser. Depuis les années 1990, le ministère de l’Agriculture a ainsi multiplié les actions pour réduire les pollutions d’origine agricole. Mais dans le même temps, il a réduit ses effectifs et externalisé ses missions (figure).

L’écosystème des politiques agroenvironnementales au Québec
Source : Revue internationale de politique comparée

Les services de conseil, auparavant assurés par des agronomes publics, ont été transférés à des « clubs » gérés par les agriculteurs. Les activités de recherche ont été confiées à des centres financés par des partenariats public-privé qui diffusent insuffisamment les résultats utiles pour la transition. Les contrôles sur le terrain ont eux aussi été largement délégués. Les inspections liées à l’utilisation des pesticides ont baissé de moitié entre 2012 et 2015, et la réglementation sur les « bandes riveraines » (équivalentes aux zones de non-traitement françaises) est mal appliquée. L’État apparaît de moins en moins capable d’imposer des changements de pratiques.

Source : Revue internationale de politique comparée

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