Le marché de la consommation hors domicile en France

Entre 1960 et 2023, la part du budget des ménages français dédiée à l’alimentation est passée de 32 % à 22 %. Dans le même temps, la proportion de ces dépenses alimentaires consacrée à la consommation hors domicile (CHD) a augmenté de 13 % à 32 %. Mise en ligne en avril 2025, une étude du cabinet GIRA-CIRCANA, pour FranceAgriMer, décrit le secteur de la CHD. Elle montre la diversité des circuits de distribution (organisée, en direct, de détail), des types d’opérateurs (restauration commerciale ou collective, etc.) et de leurs modes de gestion. Les flux de ce marché – en chiffre d’affaires (CA), en volume et en nombre de prestations – sont reconstitués pour la période 2021-2023, à partir des données de ventes de distributeurs, d’enquêtes auprès de restaurateurs et des statistiques institutionnelles (Insee, bases de données financières, rapports d’associations professionnelles, etc.). Des focus spécifiques sont aussi faits sur les filières « viandes » et « fruits et légumes », ou encore sur la restauration rapide.

En 2023, le chiffre d’affaires de la CHD est estimé à 98,3 milliards d’euros, soit +10 % par rapport à 2022, avec deux segments principaux (figure). Celui de la restauration hors foyer représente 85 % du CA total et comporte 415 000 établissements de restauration collective ou commerciale ayant délivré 7,4 milliards de prestations de repas en 2023 (petits-déjeuners, déjeuners et dîners). Le second segment, constitué des circuits dits « impulse », regroupe les établissements hors restaurants qui commercialisent des produits alimentaires dédiés à la consommation hors domicile : boulangeries, stations-services, établissements tabac-presse, ambulants, etc.

Marché français de la consommation hors domicile en part du chiffre d’affaires en 2023
Source : CIRCANA

Des entretiens avec les principaux grossistes de la restauration apportent quelques éclairages sur les tendances récentes en matière d’approvisionnement des restaurateurs. L’inflation a fortement influencé les achats, notamment dans les filières viandes, avec des effets de substitution (morceaux moins nobles, volaille plutôt que bœuf) et une réduction du grammage des portions. En restauration collective, le prix demeure le critère primordial pour les achats des restaurateurs. Les exigences de la loi EGalim les conduisent néanmoins à s’approvisionner également en produits sous certifications ou labels officiels (agriculture biologique, label rouge, AOC/AOP, HVE, etc.). Les acheteurs de la restauration commerciale portent eux une attention particulière à l’origine des produits, en faveur des approvisionnements français, voire locaux.

Jérôme Lerbourg, Centre d’études et de prospective

Source : GIRA-CIRCANA

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