Programmes de réduction des pollutions diffuses par les nutriments aux États-Unis

L’université du Minnesota a publié, en janvier 2025, une étude sur les mesures mises en œuvre par trois États de la Corn Belt des États-Unis, afin de réduire les pollutions agricoles des masses d’eau par les nitrates et le phosphore. Six programmes de qualité de l’eau ont été examinés, comportant des dispositions réglementaires, volontaires ou un mix des deux (figure). Par exemple, la loi sur les zones tampons de 2017 du Minnesota impose des bandes végétalisées le long des cours d’eau publics, ou des pratiques spécifiques afin de réduire la lixiviation des nutriments. Dans le Wisconsin, des plans d’épandage d’engrais et de fumier sont obligatoires depuis 2003 et un programme volontaire de réduction des pollutions (diffuses et ponctuelles) de phosphore est en place depuis 2010, à l’échelle des bassins versants.
Une vingtaine d’entretiens semi-directifs avec des agents publics et des techniciens impliqués dans ces programmes ont été menés, afin d’analyser leur mise en œuvre, les difficultés rencontrées et les enseignements à tirer pour une réplication dans d’autres États ou contextes.

Politiques de réduction des pollutions diffuses liées aux nutriments étudiées
Source : université du Minnesota

Dans les 6 programmes étudiés, les compétences des autorités locales chargées de leur application sont considérées comme déterminantes et le turn-over élevé des équipes est en particulier pointé. Parce qu’ils fournissent outils, modèles et références techniques, les partenariats avec d’autres programmes publics ou scientifiques sont par ailleurs identifiés comme indispensables pour leur mise en œuvre (cartographie des cours d’eau, doses d’apport de fertilisants, etc.) et leur évaluation. Enfin, dans le cas de mesures obligatoires, la capacité des autorités locales à s’assurer de leur application effective est soulignée. Ainsi, les taux de conformité peuvent aller de 98 % (loi du Minnesota sur les bandes tampons le long des cours d’eau) à seulement 32 % (plan de gestion des nutriments du Wisconsin). Mixant mesures volontaires et obligatoires, la règle de protection des eaux souterraines du Minnesota est quant à elle citée comme exemple : la perspective d’une phase contraignante, qui serait déclenchée en l’absence de résultats suffisants, accroît l’engagement dans les mesures facultatives.

Karine Belna, Centre d’études et de prospective

Source : université du Minnesota

 

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