Paramètres à prendre en compte et instruments pour réformer la PAC
En janvier 2025, l’Iddri et Inrae ont présenté à la Commission agriculture du Parlement européen l’étude, qui leur avait été commandée, sur les variables à prendre en compte pour la conception de la future Politique agricole commune (PAC) (période 2028-2034).
Après des remarques sur l’évaluation de la programmation en cours, les auteurs exposent les nouveaux éléments de contexte qui pèseront sur les négociations et les défis à relever après 2027. Partant de ces constats, ils identifient cinq voies possibles « volontairement extrêmes ». Certaines visent à répondre prioritairement au défi de la production agricole de l’Union européenne (UE), alors que d’autres privilégient la protection de l’environnement (figure).
Schématisation des cinq voies proposées par les auteurs pour la future PAC
Source : Parlement européen
Ils présentent ensuite les instruments à la disposition de l’UE pour la mise en œuvre de sa politique agricole. Selon la voie ou la combinaison de voies choisies, ces instruments concerneront plus ou moins la chaîne alimentaire. Ainsi, les voies D (Land sparing) et E (Agro-ecology) nécessitent de rendre cohérents les objectifs de la PAC et ceux de la politique alimentaire. Il s’agirait de favoriser des changements d’habitudes alimentaires des consommateurs européens, pour des raisons environnementales et de santé (lutte contre l’obésité, le surpoids et les maladies chroniques liées à l’alimentation). Modifier la demande encouragerait l’évolution de l’offre alimentaire vers des produits d’origine végétale basés sur des pratiques plus durables. Les auteurs classent les actions possibles selon qu’elles visent à mieux informer les consommateurs ou à changer leur environnement alimentaire, et selon qu’elles ciblent l’ensemble de la population ou bien des sous-groupes spécifiques (figure).
Classement des instruments visant à soutenir une alimentation plus saine et plus durable
Source : Parlement européen
Les auteurs considèrent qu’agir sur la demande est une condition essentielle pour transformer le système alimentaire, de la production agricole jusqu’au consommateur. Ils recommandent à la Commission européenne d’en faire un des leviers pour l’atteinte des objectifs de la future PAC.
Julie Blanchot, Centre d’études et de prospective
Source : Parlement européen




