Arbres en prairie et stockage de carbone : le cas néo-zélandais
Les arbres localisés dans les prairies hébergent de la biodiversité et fournissent des aménités environnementales. Une étude publiée en novembre 2024 dans Climate Policy a estimé le service climatique rendu par les groupes d’arbres de moins d’un hectare dans les surfaces en herbe néo-zélandaises, lesquelles recouvrent 55 % du territoire du pays.
À partir de données satellitaires et d’un algorithme de machine learning, les auteurs ont identifié 1,6 million de groupes d’arbres en prairie, recouvrant une surface totale d’environ 180 000 ha. Ces groupes sont principalement localisés dans les régions agricoles de l’île du Nord et leur composition est hétérogène. La plupart sont formés d’espèces exotiques (eucalyptus, peuplier, etc.). Les groupes contenant des essences natives (tōtara, hêtre argenté, etc.) sont majoritairement présents dans l’ouest du pays (figure).
Localisation des groupes d’arbres de moins d’un hectare (gauche) et composition de ceux-ci (droite)
Source : Climate Policy
Les groupes d’arbres cartographiés représenteraient un stock de carbone total compris entre 42 et 108 millions de tonnes d’équivalent CO2 (MtCO2eq), et une séquestration annuelle de 1 à 3 MtCO2eq. Les groupes d’arbres étudiés ne recouvrent que 1,5 % de la surface des prairies, mais le carbone qu’ils séquestrent annuellement compense de 2,9 à 7,8 % des émissions agricoles du pays. Par ailleurs, ces arbres rendent un service climatique supérieur aux émissions qui seraient occasionnées par la surface qu’ils recouvrent, si celle-ci était utilisée pour une production agricole. Ces surfaces ne sont actuellement pas intégrées au système national d’échanges de quotas d’émissions, contrairement aux forêts. Leur inclusion pourrait limiter les risques de conversion des terres agricoles en plantations, et fournir des co-bénéfices environnementaux (biodiversité, protection contre l’érosion) et culturels, si des espèces natives importantes dans la culture Māori étaient utilisées. Les auteurs recommandent de prendre en compte les groupes d’arbres de petite surface dans les politiques climatiques, notamment dans les incitations économiques à la séquestration de carbone.
Miguel Rivière, Centre d’études et de prospective
Source : Climate Policy


