Impacts du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières
La revue Energy Economics publie un article de Bellora et Fontagné (CEPII) sur les impacts du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Adopté en mai 2023, il consiste à faire payer le prix du carbone contenu dans les importations de l’Union européenne (UE), pour un nombre restreint de secteurs, dont celui des engrais. Le but est d’éviter les fuites de carbone, dues au déplacement des productions de l’UE vers des pays ayant des politiques climatiques moins strictes, ou à leur remplacement par des importations carbonées. Grâce à la modélisation de différents scénarios à l’horizon 2040 (figure ci-dessous), les auteurs montrent que remplacer les quotas d’émissions gratuits – accordés jusqu’alors aux producteurs européens pour préserver leur compétitivité – par le MACF, réduirait les fuites de carbone de 34 % à 42 % selon les scénarios. Le MACF renforcera les entreprises européennes au sein du marché unique, mais elles perdront en compétitivité sur les marchés extérieurs, en raison du coût supplémentaire du carbone. L’augmentation du coût des intrants couverts par le MACF impactera négativement les secteurs en aval, comme par exemple la production agricole utilisant des engrais.
Impacts d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour l’Union européenne, selon différents choix de conception du mécanisme modélisés dans trois scénarios
Source : Energy Economics
Lecture : la deuxième colonne correspond au scénario 2, le plus proche du MACF tel qu’adopté par les institutions européennes. Chaque ligne détaille les variations (en pourcentages) induites par l’introduction du MACF pour l’UE à l’horizon 2040, en matière de PIB, d’importations et d’exportations de produits intermédiaires et finis, et de prix du carbone dans le système européen d’échanges des quotas d’émissions (carbon price ETS).
Source : Energy Economics


