Aide alimentaire : les pauvres doivent-ils se contenter des restes ?

L’émission « Sans oser le demander », sur France Culture, donne la parole à B. Bonzi, auteure d’une thèse d’anthropologie et d’un ouvrage, La France qui a faim. Elle considère que l’aide alimentaire constitue aujourd’hui un « marché de la faim » dont le fonctionnement perpétue les inégalités sociales. S’inspirant des travaux de M. Mauss sur le don et le contre-don, la chercheuse avance que « l’impossibilité de rendre » ne permettrait pas aux bénéficiaires de « trouver leur place dans la société ». Elle souligne la « violence » exercée par les demandes adressées « sans cesse » à des bénéficiaires sommés de « déballer » leur histoire personnelle. L’entretien évoque aussi la « désillusion » de bénévoles qui réalisent que leur action n’aide pas des individus à sortir d’épisodes de pauvreté, mais sert avant tout à maintenir la paix sociale. B. Bonzi souligne également les limites de la loi de 2016, qui associe lutte contre le gaspillage et aide alimentaire, et profite en premier lieu aux opérateurs du secteur agro-alimentaire. Enfin, la piste d’une Sécurité sociale de l’alimentation est discutée.

Source : France Culture

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