Bilan 2025 de l’état des ressources mondiales en eau

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié, en septembre 2026, son cinquième rapport annuel sur l’état des ressources en eau douce de la planète. Elle s’appuie sur un jeu de données considérablement étendu par rapport à la première édition. 15 indicateurs sont désormais renseignés (contre 3 en 2021), sur la base des remontées de 68 pays (7 en 2021), complétées par des modélisations et des données satellitaires. L’Asie et l’Afrique restent néanmoins les continents les moins bien documentés.

Le rapport met en évidence des débits fluviaux inférieurs à la normale sur plus de 36 % de la superficie des bassins hydrographiques de la planète (figure). Pour la septième année consécutive, les conditions d’écoulement ont été « normales » pour seulement 34 à 38 % des bassins, alors que la moyenne sur 1991-2020 était de 46 %. En outre, les réserves d’eau continentales (eaux souterraines, lacs, cours d’eau, glace, neige, etc.) diminuent depuis le milieu des années 2010. En 2025, pour la quatrième année consécutive, toutes les régions glaciaires de la planète avaient continué à fondre. Le total cumulé sur 3 ans atteint 1 400 gigatonnes d’eau, soit un tiers des prélèvements annuels d’eau douce.

Sur la période 2021-2025, l’OMM rapporte par ailleurs 1 500 phénomènes extrêmes tels que sécheresses et inondations, la moitié en Asie et en Afrique où plus de 80 % des décès signalés sont recensés.

Écoulement des fleuves en 2025 et écarts à la normale calculée sur la période 1991-2020

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM)
Lecture : la carte du haut représente les données d’observation des débits fluviaux, pour les bassins hydrographiques supérieurs à 10 000 km2. Les cercles indiquent les stations disposant de 30 ans d’observation et d’une couverture complète pour l’année 2025 ; les triangles indiquent les stations disposant d’au moins 20 ans d’observation et/ou d’une couverture incluant au moins les 10 premiers mois de 2025 ; les carrés représentent des séries chronologiques complétées par des données issues de l’observation satellitaire. La « normale » correspond au débit moyen sur la période 1991-2020. L’anneau à gauche présente la répartition des données d’observation de terrain (les ronds et les triangles). La carte du bas est dérivée de celle du haut à partir de 13 simulations utilisant des modèles hydrologiques globaux.  Les zones en gris foncé indiquent l’absence de données de modélisation.

Karine Belna, Centre d’études et de prospective

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM)

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