Avenir des antibiotiques en élevage

Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), paru en mai 2026, traite de l’avenir des antibiotiques en élevage. Si les tendances actuelles se poursuivaient, 144 Mt d’antimicrobiens seraient utilisées dans le monde en 2040, soit 29,5 % de plus qu’en 2019. Un scénario de réduction de moitié de leur utilisation, associée à une baisse de la consommation de produits animaux, permettrait de diminuer de 57 % la quantité totale d’antimicrobiens employés, par rapport au scénario tendanciel (voir un précédent billet).

Les auteurs étudient aussi les implications économiques de l’antibiorésistance d’une part, et d’un éventuel abandon des antimicrobiens comme facteurs de croissance (AGP) d’autre part. Ce dernier occasionnerait des pertes pour les éleveurs, du fait du moindre développement des animaux et d’une hausse des maladies. Un scénario d’abandon strict et rapide, similaire à l’interdiction européenne, engendrerait des pertes d’environ 53 milliards de dollars, stables dans le temps (figure). Si l’antibiorésistance se développait, les pertes seraient de plus en plus importantes année après année, jusqu’à 318 milliards en 2040. Le bannissement des AGP entraînerait donc des coûts d’ajustement immédiats, mais qui seraient à long terme plus faibles que ceux de l’inaction où les pertes liées à l’antibiorésistance augmentent chaque année sans plafonner.

Pertes économiques liées à l’abandon des antimicrobiens comme facteurs de croissance et à l’antibiorésistance

Source : FAO
Lecture : AMR : antimicrobiorésistance ; AGP : abandon des antimicrobiens comme facteurs de croissance, dans les deux cas au degré le plus élevé (H pour high).

Franck Bourdy, Centre d’études et de prospective

Source : FAO

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