L’industrie agroalimentaire n’a pas retrouvé sa dynamique d’avant Covid
Le secteur manufacturier français représente 10 % de la valeur ajoutée nationale et, au sein de celui-ci, l’industrie agroalimentaire contribue à hauteur de 16 %. Dans son bulletin daté de mars-avril 2026, la Banque de France dresse un bilan de ce secteur par rapport à la situation prépandémie de covid-19 (2015-2019). Elle montre que fin 2025, la valeur ajoutée des IAA accusait un retard de 15 % par rapport à la tendance pré-covid, contre 8 % pour l’ensemble de l’industrie manufacturière. Compte tenu de sa contribution à la valeur ajoutée totale du secteur manufacturier, l’agroalimentaire explique ainsi près d’un tiers du décalage observé en 2025. Celui-ci persiste malgré le rebond constaté en 2024, après la baisse de la consommation consécutive à la hausse des prix de l’alimentation en 2022 et 2023. Le ralentissement d’activité de l’agroalimentaire s’est répercuté sur d’autres branches, notamment la plasturgie, la métallurgie, le bois et le papier, qui fournissent les emballages (figure). Enfin, alors que l’emploi manufacturier progresse sur la période récente, les industries agroalimentaires font face à des problèmes spécifiques de recrutement. Une entreprise sur deux fait état de difficultés pour embaucher de nouveaux salariés, une proportion supérieure à la moyenne des industries manufacturières.
Flux entrants et sortants d’intrants intermédiaires, non importés, des secteurs manufacturiers et de la construction, en 2022 (en points de pourcentage)
Source : Banque de France
Lecture : seules les consommations intermédiaires de produits manufacturiers non importées figurent sur le graphique. Les flèches indiquent le sens entrant ou sortant des produits. La longueur des lignes de bordure de cercle est proportionnelle à la somme des flux entrants et sortants par secteur. Les couleurs sur l’anneau intérieur reprennent celles des branches à l’aval : par exemple, l’agroalimentaire est un fournisseur important du secteur de la chimie, à travers certains ingrédients indispensables (alcools, sucres, amylacés, etc.).
Muriel Mahé, Centre d’études et de prospective
Source : Banque de France



