Impacts de la fièvre aphteuse sur le commerce international
Le numéro de mars 2026 de l’American Journal of Agricultural Economics analyse l’impact de la fièvre aphteuse sur les exportations mondiales de viande dans 178 pays, entre 1996 et 2016. Les auteurs se sont penchés sur les viandes de ruminants, porcs et camélidés, espèces sensibles à cette épizootie. Ils ont étudié les exportations selon les épisodes de fièvre aphteuse, en tenant compte du contexte macro-économique, des capacités de production et du déploiement de mesures sanitaires. Leur analyse économétrique montre qu’une épidémie entraîne une chute immédiate mais aussi persistante du commerce. Après éradication de l’épizootie, les pays peinent à retrouver leurs parts de marché antérieures. Les effets négatifs sur les exportations persistent sur des périodes allant d’un an, pour la viande de bœuf, à plus de cinq ans pour la viande de porc. Cette dernière, la plus échangée dans le monde, est la plus affectée. En revanche, les impacts globaux sur la viande ovine sont plus limités, car son commerce mondial est dominé par des pays exempts de fièvre aphteuse (Australie et Nouvelle-Zélande).
Bien que les pertes soient plus massives en Europe ou en Amérique du Sud, le fardeau relatif est bien plus lourd pour les régions endémiques comme l’Afrique et l’Asie, compte tenu de la récurrence des épisodes et de la fragilité de leurs économies. L’étude souligne donc l’importance cruciale de la coopération internationale et des investissements en biosécurité pour stabiliser l’économie des pays en développement.
Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective



