Résultats économiques des exploitations viticoles françaises entre 2002 et 2021

Dans un article publié en décembre 2025 dans la revue Économie rurale, des chercheurs d’INRAE analysent l’évolution de la structure et de la performance économique des exploitations viticoles françaises, entre 2002 et 2021. Ces dernières traversent une crise profonde depuis plusieurs années, conséquence de la baisse de la demande en France et à l’international. Les difficultés se concentrent dans certaines régions (Bordelais, Languedoc).

L’analyse repose notamment sur une comparaison entre l’ensemble des exploitations viticoles (OTEX 35) et une sous-partie de cet ensemble composée des exploitations totalement spécialisées en viticulture (100 % de SAU plantés en vigne). Pour ce faire, les auteurs se sont appuyés sur les données du Réseau d’information comptable agricole (Rica). Sur le plan structurel, les exploitations viticoles se sont agrandies sur la période étudiée (+17,7 % de SAU moyenne pour l’ensemble des exploitations viticoles contre +5,1 % pour les totalement spécialisées) (figure), et elles ont réduit leur main-d’œuvre (-7,3 % et -9,5 % UTA par exploitation respectivement).

Évolution de la SAU moyenne (à gauche) et du rendement par hectare de vigne (à droite) des exploitations étudiées, sur la période 2002-2021
Source : Économie rurale

D’un point de vue productif, le rendement a diminué pour tous les types d’exploitations, mais plus fortement pour les exploitations totalement spécialisées (-27,6 % contre -14 % pour l’ensemble des exploitations viticoles). De leur côté, les consommations intermédiaires rapportées à l’hectare ont baissé de près de 1 % par an. Cela masque l’augmentation de certaines charges, telles celles associées à la délégation de travaux (+ 76 % pour l’ensemble des exploitations viticoles et +100 % pour les totalement spécialisées). À noter que les dépenses de produits phytosanitaires ont, elles, fortement diminué (-38,9 % et -37 %) (figure), alors que celles concernant les fertilisants sont restées à peu près stables (+0,3 % et +1,5 %).

Évolution des charges de produits de protection des cultures des exploitations étudiées, sur la période 2002-2021
Source : Économie rurale

Sur le plan économique, la baisse des rendements a entraîné une diminution de l’excédent brut d’exploitation (EBE) par hectare (-26,2 % et -20 %) malgré la très forte hausse des subventions à l’hectare sur la période étudiée (+767 % pour les exploitations totalement spécialisées, +424 % pour l’ensemble des exploitations viticoles). Cependant, du fait de la diminution de la main-d’œuvre, l’EBE rapporté à l’unité de travail a augmenté pour les exploitations viticoles dans leur ensemble (+15,3 %), mais a légèrement diminué pour celles totalement spécialisées (-5,1 %).

En conclusion, les auteurs soulignent qu’il est important d’utiliser plusieurs indicateurs pour évaluer la performance. Ils recommandent aussi des analyses complémentaires pour mieux comprendre les disparités régionales, ou celles liées aux types de production et aux stratégies de diversification.

Julie Blanchot, Centre d’études et de prospective

Source : Économie rurale

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