Modernisation agricole et recompositions de la gouvernance de l’eau en Chine

S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans un comté du Shandong (province côtière de l’est de la Chine), un article du Journal of Agrarian Change de février 2026 offre un éclairage sur le programme d’amélioration des terres agricoles, lancé en 2019. En cinq ans, le gouvernement central a injecté plus de 305 milliards de yuans (43 milliards de dollars) pour transformer près de 30 millions d’hectares dans tout le pays. La gestion de l’irrigation, auparavant confiée à des associations d’usagers, s’est réorganisée au profit des gouvernements locaux (cantons), qui prennent en charge l’entretien des puits et des canalisations. Pour obtenir des résultats rapides et rendre compte au pouvoir central des progrès en matière de sécurité alimentaire, les autorités locales privilégient les grandes exploitations (puits dédiés, tarifs électriques bas). Les petits producteurs supportent des coûts plus élevés, des démarches jugées pénibles (rechargement d’une carte à puce au centre de services agricoles du canton, pendant les horaires de bureau), ou restent hors des zones modernisées. Enfin, l’absence de contrôle strict des prélèvements se traduit par la baisse des nappes phréatiques et un risque d’affaissement des sols.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Journal of Agrarian Change

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