L’International Water Management Institute

Institut siégeant à Colombo (Sri Lanka), l’International Water Management Institute (IWMI) est l’un des centres de recherche du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR). Regroupant des chercheurs en sciences de l’eau de trente-six nationalités, il dispose d’un budget d’environ trente millions de dollars et est financé par plus de quarante organisations nationales et internationales. Le terme « irrigation », qui figurait dans son nom lors de sa création en 1984, a disparu, cédant la place au concept plus global « eau ». L’objectif est dès lors de mieux intégrer les interactions entre cycle de l’eau, agriculture, sécurité alimentaire et environnement. La ressource hydrique est abordée dans sa diversité (eaux souterraines, de surface, traitées/réutilisées, etc.), à toutes les échelles (de la parcelle agricole aux bassins transfrontaliers) et dans une perspective interdisciplinaire.

Au-delà de ses activités de recherche, l’IWMI contribue au partage des connaissances et à l’accompagnement des acteurs du « Sud global ». En témoigne la diversité de ses publications, où rapports de recherche et articles scientifiques côtoient documents de travail, notes d’information, billets de blog et capsules vidéo. Sa Stratégie 2024-2030 promeut les démarches multi-acteurs et retient trois thématiques principales : l’atténuation des risques hydriques ; la réduction des inégalités d’accès à l’eau ; la durabilité de la gestion des ressources (figure). Le nexus eau-alimentation-énergie est au cœur de ses travaux, attestant des interdépendances entre (in)sécurités hydrique, alimentaire et énergétique.

Axes et pôles de la stratégie 2024-2030 de l’IWMI
Source : IWMI

Les chercheurs de l’IWMI, intégrés à divers collectifs de travail, publient fréquemment dans des revues scientifiques. Un article de Water Resources Research, publié en mai 2025, propose ainsi un bilan des technologies d’imagerie à haute résolution pour évaluer l’humidité des sols et l’évapotranspiration. Les auteurs décrivent leurs différents usages, notamment pour l’évaluation de la sécheresse, de la salinisation des sols ou des risques d’inondations. Ils expliquent l’importance de fournir des images en accès libre, pour étudier les processus hydrologiques à des échelles fines (3-30 m), dans des régions du monde où les données sont limitées. La singularité de l’IWMI repose par ailleurs sur la recherche appliquée et la mise en œuvre de partenariats à l’échelle locale. Au Kenya, une collaboration avec la startup SunCulture a ainsi été lancée en 2025 pour promouvoir l’irrigation solaire.

Delphine Acloque, Centre d’études et de prospective

Source : International Water Management Institute

 

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