Marché des engrais minéraux pour les filières de grandes cultures

S’élevant en moyenne à 146 kg/ha au niveau mondial, la consommation d’engrais minéraux présente de grandes disparités : 22 kg/ha pour les pays africains, jusqu’à 400 kg/ha pour la Chine ou le Chili. FranceAgriMer a publié en octobre 2024 une étude, réalisée par AND et Ceres Press, qui analyse l’évolution de ce marché entre 2010 et 2021, aux échelles mondiale, européenne et française. Elle examine également l’organisation du secteur et sa structure concurrentielle. En complément, 100 pages d’annexes apportent des précisions selon le type d’engrais et fournissent des monographies d’acteurs majeurs du marché.

La production mondiale d’engrais a progressé de 22 % entre 2010 et 2021, essentiellement portée par l’Asie de l’Est et de l’Ouest (dont le Moyen-Orient) (49 % des volumes), l’Europe de l’Est et l’Asie centrale (24 %), et l’Afrique (15 %). Les engrais azotés représentent près des deux tiers des engrais produits, les engrais phosphatés et potassiques un peu moins d’un cinquième chacun. Les importations d’engrais azotés ont augmenté de 24 % en moyenne triennale sur 10 ans. L’Amérique latine se place largement en tête avec un doublement des volumes depuis 2010, atteignant 28 % des volumes mondiaux importés en 2021 (figure). L’Europe de l’Ouest représente 12 %.

Importations d’engrais azotés par grande région (kt équivalent N) Source : AND et Ceres Press

Malgré une baisse importante de sa consommation (livraisons d’engrais en recul de 20 points sur la dernière décennie), la France demeure le 5e importateur mondial net d’engrais azotés (elle produit un quart de ses besoins). Elle se situe au 9e et au 10e rang respectivement pour les engrais phosphatés et potassiques, dont les productions nationales sont nulles.

Caractérisé par une forte intégration verticale et dominé par des entreprises multinationales, le secteur mondial des engrais s’est recomposé depuis le début des années 2000 : concentration et augmentation des capacités, notamment chez de nouveaux acteurs, chinois et issus de l’amont gazier au Moyen-Orient. L’Union européenne a été fortement impactée par la guerre en Ukraine, du fait de sa double dépendance aux importations de gaz naturel et d’engrais finis, ce qui a conduit à l’arrêt de nombreuses capacités de production et a profité aux importations d’urée venant d’Égypte, mais aussi de Russie.

L’étude dégage, pour finir, plusieurs perspectives mondiales et défis pour le secteur français, dans un contexte de fragilité du tissu industriel et de prix de l’énergie élevé : production d’engrais bas carbone, application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, etc.

Karine Belna, Centre d’études et de prospective

Source : FranceAgriMer

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