Des pistes pour améliorer la durabilité des systèmes alimentaires australiens

Le Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization (CSIRO), équivalent du Centre national de la recherche scientifique français, a publié en juin 2023 une feuille de route pour améliorer la durabilité, la résilience et la productivité des systèmes alimentaires australiens. Les chercheurs situent leur travail dans le cadre des défis actuels et futurs : changement climatique, croissance de la population et donc de la demande, disruptions des chaînes d’approvisionnement, déséquilibre de main-d’œuvre, augmentation des prix des intrants agricoles, préoccupations sanitaires et nutritionnelles des consommateurs.

Selon eux, l’Australie est un producteur important de nombreuses matières premières déterminantes pour l’alimentation mondiale. Pour autant, le pays fait face à plusieurs défis. Ainsi, les auteurs soulignent que 33 % de ses 26 millions d’habitants ont connu une situation d’insécurité alimentaire dans les 12 derniers mois. Par ailleurs, 7,7 millions de tonnes de nourriture y sont gaspillés chaque année (32 % dans les foyers, 22 % au niveau de la production primaire). Enfin, la production alimentaire nationale émet plus de 30 millions de tonnes équivalent carbone par an.

Les chercheurs identifient cinq domaines d’action (figure ci-dessous). Pour chacun, ils établissent un état des lieux reposant sur une dizaine d’indicateurs, auxquels ils attribuent des cibles pour 2030 et 2050, et en déduisent des priorités de recherche.

Cinq domaines d’action prioritaires
Source : CSIRO
Lecture : en 1, permettre un accès équitable à des régimes alimentaires sains et durables. En 2, minimiser le gaspillage et améliorer la circularité. En 3, faciliter la transition de l’Australie vers le zéro émissions nettes. En 4, aligner les objectifs de résilience et de durabilité socioéconomique et environnementale. En 5, augmenter la valeur et la productivité.

Par exemple, pour l’objectif 4 (neutralité en émissions), les chercheurs définissent une cible à 2030 (- 43 %) et un but à 2050 (zéro émissions nettes), tous deux alignés avec la politique nationale. Selon eux, les recherches devront adopter une approche plus holistique, à l’échelle des systèmes alimentaires, et intégrer les communautés autochtones. Les efforts devront aussi porter sur le développement de technologies de réduction des émissions agricoles (microalgue Asparagopsis, etc.) et agroalimentaires (énergies renouvelables), et sur l’amélioration de l’étiquetage des produits alimentaires.

En conclusion, selon les auteurs, il est nécessaire d’agir rapidement pour mettre les systèmes alimentaires australiens sur des rails plus durables et se préparer à des ruptures avec les pratiques en place. Ils appellent aussi à plus de collaborations entre recherche, pouvoirs publics et secteur professionnel.

Vincent Hébrail, Conseiller aux affaires agricoles pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande

Source : Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization (CSIRO)

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