Des propositions d’indicateurs agro-environnementaux pour renforcer le suivi des exploitations européennes

Principal outil de suivi des exploitations européennes, le Farm Accountancy Data Network (FADN) rassemble des informations comptables de plus de 80 000 exploitations. Il ne contient toutefois que très peu d’éléments relatifs aux enjeux environnementaux, ce qui complique l’évaluation des dispositifs de politique publique dédiés. Pour pallier cette difficulté, dans un article publié dans la revue Ecological Indicators, une équipe allemande a étudié la possibilité de compléter le FADN par des indicateurs agro-environnementaux.

Les auteurs ont d’abord procédé à une revue de littérature afin d’établir une liste d’indicateurs potentiellement mobilisables. Pour réduire les coûts de collecte, ils se sont limités aux indicateurs pouvant être renseignés à partir des informations issues des déclarations PAC remplies chaque année par les agriculteurs. Cinq entrées ont ainsi été retenues : l’indice de Shannon des cultures, qui rend compte de leur diversité sur une exploitation ; le nombre de cultures occupant plus de 5 % de la surface cultivée ; la taille médiane des parcelles ; la densité de haies ; la part des éléments paysagers dans la surface totale. Pour apprécier la pertinence des indicateurs proposés, ces derniers ont été calculés pour les exploitations du Land du Brandebourg, en Allemagne. Ces calculs montrent qu’ils sont pertinents pour discriminer les exploitations, mais ils mettent en évidence de fortes corrélations entre certaines variables, qui conduisent les auteurs à éliminer les indicateurs « nombre de cultures occupant plus de 5 % de la surface cultivée » et « part des éléments paysagers dans la surface totale ».

Les trois indicateurs finalement proposés permettraient de compléter le dispositif de suivi des exploitations européennes, mais ils présentent toutefois certaines limites. Ne portant que sur une partie des enjeux agro-environnementaux, ils laissent de côté des sujets tels que les émissions de gaz à effet de serre ou l’utilisation des intrants (engrais, pesticides, etc.). Par ailleurs, ils supposent la mobilisation de données administratives qui n’ont pas été collectées à des fins de suivi et d’évaluation, ce qui nécessiterait d’obtenir l’autorisation préalable des agriculteurs les ayant fournies.

Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective

Source : Ecological Indicators

image_pdfimage_print