Céréales et lait en Algérie : missions de service public et résultats économiques

Dans un article publié en octobre 2025 par Maghreb-Machrek, S. Bekkis (ENSA d’Alger) et A. M. Benmehaia (université de Biskra) s’intéressent aux missions de service public de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et de l’Office national interprofessionnel du lait et des produits laitiers (ONIL). Ces deux établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) assurent la régulation et la stabilisation des prix de denrées considérées comme essentielles pour la sécurité alimentaire du pays.

L’OAIC et l’ONIL approvisionnent les transformateurs en matières premières importées (blé tendre, blé dur, orge, poudre de lait), revendues à prix administrés inférieurs au coût international ou à celui de la production nationale. Ils maintiennent également des stocks stratégiques équivalant à six mois de consommation pour les céréales, et à trois pour la poudre de lait. Enfin, ils cherchent à développer la production nationale et les capacités de stockage, par exemple avec un système de péréquation des frais de transport sur tout le territoire.

Entre 2013 et 2022, les dépenses publiques de régulation du marché céréalier ont quadruplé (figure) et celles pour le lait triplé. L’Algérie reste dépendante des importations, la production locale de céréales ne couvrant qu’environ 20 % des besoins. Les deux offices demeurent structurellement déficitaires et dépendants des subventions de l’État financées par la rente pétrolière.

Évolution du montant consacré à la régulation du marché intérieur des céréales
Source : Maghreb-Machrek, S. Bekkis et A. M. Benmehaia

En conclusion, les auteurs relèvent que, depuis 2024, les pouvoirs publics développent de nouveaux partenariats pour l’export. C’est le cas avec l’entreprise italienne Bonifiche Ferraresi pour le blé dur, dans les régions sahariennes d’Adrar et de Timimoun, et avec la société qatarie Baladna pour la production de poudre de lait. Ces initiatives traduisent la volonté d’accroître la production nationale et de réorienter le modèle d’approvisionnement.

Florent Bidaud, Centre d’études et de prospective

Source : Maghreb – Machrek

 

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