Changement climatique et approvisionnement du Royaume-Uni en fruits, légumes et légumineuses

Un rapport d’août 2026 de The Food Foundation (voir un précédent billet) s’intéresse aux conséquences du changement climatique sur l’approvisionnement du Royaume-Uni en fruits, légumes et légumineuses, alors que le gouvernement a récemment publié sa feuille de route agricole (voir un précédent billet). Les volumes de production de fruits et légumes ont baissé de 13 % entre 2021 et 2023, en raison de la hausse des coûts de l’énergie et du manque d’eau. Il est également rappelé que le pays importe 40 % de son alimentation et qu’il possède l’un des taux d’autosuffisance alimentaire les plus bas d’Europe de l’Ouest. 80 % des fruits et 47 % des légumes consommés sont importés, dont 18 % en moyenne en provenance de pays vulnérables au changement climatique. À l’horizon 2050, ce taux monterait à 49 %, ce qui accroîtrait les fluctuations de prix. En parallèle, la diversité des régions d’importation se réduit, ce qui accentue les dépendances.

Du côté de la consommation, l’augmentation des prix risque d’accroître l’insécurité alimentaire, en particulier des ménages les plus précaires. Le rapport souligne aussi la difficulté du pays à promouvoir des filières en adéquation avec ses recommandations nutritionnelles : alors que les fruits et légumes devraient compter pour 41 % d’un régime sain, ils ne représentent que 7 % de la production nationale (figure).

Décalage entre la production nationale de fruits, légumes et légumineuses (à gauche) et les recommandations nutritionnelles au Royaume-Uni (à droite)

Source : The Food Foundation

Selon les auteurs, le Royaume-Uni a pourtant un réel potentiel en matière de fruits, légumes et légumineuses. 800 000 tonnes de légumineuses y sont déjà cultivées annuellement, essentiellement pour la consommation animale et l’exportation, et 500 000 sont importées. La recherche pourrait répertorier les légumineuses les plus adaptées au changement climatique, comme le pois chiche, le niébé et le soja, qui bénéficient du réchauffement au sud du pays. Si certains fruits et légumes ne poussent pas localement (citrons, bananes, etc.), d’autres pourraient être davantage cultivés (poires, poivrons, concombres, etc.), mais ils restent majoritairement importés actuellement.

Les auteurs recommandent d’agir sur le maillon de la production, notamment en renforçant la formation professionnelle et les stages dans ces filières, en investissant dans des infrastructures adaptées (ex. serres, ateliers de transformation). La consommation devrait également être stimulée : marchés publics orientés vers les légumineuses, campagnes de communication pour les « démocratiser », sensibilisation de la population aux produits locaux et de saison pour contrebalancer la hausse de la consommation de fruits exotiques, etc.

Diane Bigot, Centre d’études et de prospective

Source : The Food Foundation

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