Quelle sélection génétique bovine pour répondre aux défis de 2040 ?

Dans le numéro de juillet 2026 de la revue Productions animales, une vingtaine d’experts de l’élevage bovin (zootechniciens, agro-économistes, généticiens, écologues, etc.) présentent leurs travaux sur les grands enjeux de la sélection génétique des troupeaux allaitants et laitiers, à l’horizon 2040. Ils recensent d’abord les principaux défis auxquels seront confrontés les élevages : évolution des structures (baisse de la main-d’œuvre, agrandissements et robotisation), impacts du changement climatique, raréfaction et renchérissement des ressources non renouvelables, réduction des émissions de gaz à effet de serre, évolution de la demande et des politiques agricoles. Ils examinent ensuite les orientations possibles pour la sélection génétique et pour son organisation collective.

En production laitière, une des priorités serait de réduire la période non-productive des vaches, en augmentant le nombre et la durée des lactations, et en réduisant l’âge au premier vêlage. Pour ce faire, des leviers de sélection génétique existent, directs ou indirects. En filière allaitante, une des pistes serait de sélectionner, à rebours des décennies précédentes, des animaux légèrement plus petits et plus précoces, davantage adaptés à la demande française, en parallèle de la sélection actuelle dédiée aux marchés d’export. Pour cela, les auteurs relèvent que la baisse des cheptels et des effectifs en phénotypage (dont on suit l’expression physique des caractères génétiques) nécessiterait une refonte du système de sélection. Un noyau dur pourrait être suivi de près, en phénotypage intensif et détaillé, prenant mieux en compte les interactions avec le milieu d’élevage, complété d’un deuxième cercle dont le phénotypage serait plus classique, moins poussé.

Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective

Source : Productions animales

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