Identifier et analyser les rotations culturales en France
Le numéro de mars 2026 de la revue Computers and Electronics in Agriculture publie un article sur les rotations culturales en France. Bien qu’elles soient un paramètre agronomique majeur, les rotations effectivement mises en œuvre sur les parcelles sont encore peu étudiées à grande échelle. Pour mieux les connaître, les chercheurs ont utilisé, sur la période 2015-2022 et pour la France métropolitaine, les données du registre parcellaire graphique (RPG). Dans le cadre de la PAC, les cultures mises en place chaque année et sur chaque parcelle y sont déclarées.
Avant de s’intéresser aux rotations culturales, les chercheurs ont compilé les successions de cultures sur huit ans, composant des séquences sur environ 15 millions de points géographiques. Ils ont ensuite développé un algorithme capable d’identifier les rotations de culture dans ces séquences. Une des difficultés vient du fait qu’une rotation planifiée n’est pas toujours ni partout mise en place telle que prévue initialement. Par exemple, les conditions météorologiques peuvent imposer des ajustements. Pour chaque séquence de cultures, l’algorithme examine tous les schémas potentiels de rotation, selon la longueur et les permutations dans le temps, et il retient, comme rotation dominante, le schéma expliquant le mieux la séquence constatée sur la parcelle.
La rotation de céréales d’hiver blé / orge / colza se révèle être la plus répandue, avec 624 000 ha concernés. Les variations autour de cette rotation triennale sont fréquentes, avec par exemple l’introduction de cultures de blé supplémentaires. Avec l’ensemble des variations, elles représentent 1,7 million d’hectares, soit 10 % des terres arables.
Les chercheurs ont ensuite regroupé les rotations identifiées en classes agronomiquement cohérentes, et ils les ont analysées à l’échelle des communes, afin d’établir une typologie des territoires selon 25 systèmes culturaux (figure). Ils montrent que les exploitations en agriculture biologique ont des rotations culturales plus variées et plus flexibles. Ils constatent aussi que les exploitations les plus grandes (notamment de plus de 200 ha) pratiquent des rotations plus longues et avec plus de cultures, mais compte tenu de la taille de leurs parcelles, cela aboutit à une plus faible diversité spatiale.
Classification des territoires français selon leur principal système de rotation des cultures
Source : Computers and Electronics in Agriculture
Jean-Noël Depeyrot, Centre d’études et de prospective




