Effets socio-économiques des mesures agroenvironnementales
Dans un article publié en décembre 2025 dans l’European Review of Agricultural Economics, des chercheurs évaluent les effets des mesures agroenvironnementales (MAE) sur les coûts de production des exploitations européennes, les besoins en travail, les revenus agricoles et la productivité.
Les auteurs mobilisent les données du Réseau d’information comptable agricole (Rica) européen et comparent deux échantillons : l’un constitué d’exploitations ayant bénéficié d’une MAE entre 2007 et 2013, l’autre composé de structures qui ne se sont pas engagées dans ces dispositifs. Pour élaborer ces échantillons, des techniques d’appariement ont été utilisées afin de tenir compte du fait que les exploitations qui s’engagent dans une MAE ont des caractéristiques différentes des autres, ce qui pouvait biaiser les résultats. Par ailleurs, compte tenu des disparités qui existent entre États membres, s’agissant des surfaces engagées en MAE (figure) ou des montants mobilisés, l’étude a été conduite à la fois au niveau européen et à l’échelle de groupes de pays.
Part des exploitations bénéficiaires de MAE par pays
Source : European Review of Agricultural Economics
Les analyses réalisées montrent que les MAE ont entraîné, pour les exploitations bénéficiaires, une augmentation statistiquement significative des coûts de production associés à l’élevage (+10 à 20 % par rapport aux non-bénéficiaires, notamment dans les pays de l’ouest de l’UE) et de certains coûts associés aux productions végétales (+4,4 % et jusqu’à +5,7 % à l’est de l’UE). Les auteurs mettent aussi en évidence une hausse du volume d’emploi (+2,7 %). Enfin, un effet positif de l’engagement dans une MAE est également démontré en matière de productivité globale des facteurs (+8 %) et de revenu (+15 %, allant jusqu’à +24,3 % au sud de l’UE). Cette recherche suggère que les MAE, au-delà du soutien qu’elles apportent à des pratiques favorables à l’environnement, peuvent également avoir des effets socio-économiques importants. Ces résultats mériteraient toutefois d’être actualisés au regard de la réforme de 2014, qui a eu pour conséquence une réduction des surfaces engagées en MAE, et le renforcement concomitant de leur niveau d’exigence et des montants associés.
Mickaël Hugonnet, Centre d’études et de prospective



