One Health Atlas, François Roger, Marie-Marie Olive, Marysa Peyre, et al., CABI et Éditions Quæ, 2025
Cet atlas, publié en juillet 2025, invite à mieux considérer les relations entre santés humaine, animale, végétale et environnementale. Rédigé par plus de 150 scientifiques, il explicite l’approche One Health (OH) à travers quatre chapitres constitués de fiches thématiques de deux pages (définitions, études de cas, etc.) référencées et illustrées. Le premier chapitre explique l’origine et l’histoire récente du concept de OH. Le deuxième explore ses applications pratiques, particulièrement en recherche, à travers des exemples de maladies animales. Il montre comment une agriculture préservant la santé environnementale améliore celle des humains, des animaux et des végétaux. Le chapitre suivant insiste sur l’importance de l’enseignement, de la mise en place de réseaux interdisciplinaires et d’une gouvernance holistique de la santé, afin de promouvoir les approches OH. Enfin, le dernier chapitre, de nature prospective, met en exergue des perspectives d’application du concept de OH et les obstacles à lever pour y arriver.
Une des premières contraintes est d’ordre financier. Il n’existe en effet que peu de fonds pérennes consacrés spécifiquement aux projets fondés sur l’approche OH, qui n’obtiennent souvent des financements qu’à l’occasion d’une crise. On pense par exemple ici, dans le contexte de la covid-19, aux recherches sur le passage à l’humain des maladies animales, nécessitant un réseau interdisciplinaire de chercheurs. Cependant, des fonds dédiés à OH et stables dans la durée ont émergé récemment. Le dispositif Facilité d’innovation sectorielle pour les organisations non gouvernementales consacré à des projets OH (FISONG-OH), créé en 2020 par l’Agence française de développement et doté de 2,5 millions d’euros, vise à financer des projets d’ONG. En outre, la difficulté à évaluer le retour sur investissement des fonds ciblés ne facilite pas la recherche d’investisseurs.
Le domaine de la recherche concernant OH comporte ses propres freins au développement de l’approche. Ainsi, une revue de la littérature portant sur 3 500 articles scientifiques révèle plusieurs angles morts. Par exemple, les publications relatives aux zoonoses et aux relations humain-animal mobilisent peu les sciences sociales (ex. pratiques culturelles favorisant la transmission de maladies) et abordent rarement les aspects environnementaux (ex. perte de biodiversité). En outre, les auteurs des études proviennent majoritairement de pays à revenus élevés et des BRICS (surtout Brésil, Inde et Chine), laissant peu de place aux chercheurs d’autres régions, comme l’Afrique (figure).
Les 10 pays les plus intégrés dans des réseaux de collaboration One Health, de 2003 à 2021
Source : Éditions Quæ
Lecture : la taille des disques indique le nombre de publications écrites par des auteurs du pays considéré. Leur couleur devient plus sombre quand les collaborations avec les autres pays s’intensifient. Les lignes indiquent les collaborations existantes.
Franck Bourdy, Centre d’études et de prospective
Source : Éditions Quæ




