L’agriculture sous serre dans la bande de Gaza
D. Calais (ingénieur agronome) et H. Al-Najar (docteur en eau et assainissement) ont publié en décembre 2024, dans la revue Confluences Méditerranée, un article brossant un panorama de l’agriculture sous serre dans la bande de Gaza, avant les destructions de 2023 et 2024. Impulsée dans les années 1990, elle occupait un peu plus de 6 % de la surface agricole en 2019, produisant des légumes (essentiellement des tomates). Elle mobilisait de jeunes diplômés, des agriculteurs ayant perdu leurs terres à proximité des frontières et des ouvriers agricoles gazaouis anciennement employés en Israël. Elle offrait une meilleure protection des cultures vis-à-vis des bioagresseurs et des aléas climatiques (vent, pluies), avec des potentiels de rendements supérieurs aux cultures de plein champ (figure), sous réserve d’apports d’intrants suffisants (eau, engrais). Ce dernier point constituait un véritable défi, dans le contexte de l’embargo en vigueur depuis 2007, des problèmes de recharge des nappes d’eau et de salinité aigüe des aquifères, etc. Ce type d’agriculture intensive en capital fixe et en technologie est ainsi interrogé, du point de vue de la crise environnementale et de l’insécurité alimentaire de la population (plus de 2 millions d’habitants sur 365 km2 avant le conflit actuel).
Principales productions sous serre (en hydroponie quand des données existent), comparées aux mêmes productions à ciel ouvert, dans la bande de Gaza
Source : Confluences Méditerranée
Source : Confluences Méditerranée


