Actualités du Covid

Pour compléter les billets et brèves publiés en mai 2020 sur le thème de la pandémie de Covid-19, voici quelques autres publications récentes.

Début avril 2020, la FAO a publié un rapport identifiant les chaînes de transmission des impacts de la crise dans les secteurs agricole et alimentaire. Du fait des données disponibles, cette analyse empirique porte, pour l’essentiel, sur la production primaire, le commerce et la consommation finale. Les auteurs proposent un classement des pays selon leur exposition au choc. Dans un rapport d’avril, l’Australian Bureau of Agricultural and Resource Economics and Science (ABARES) détaille les conséquences, pour le commerce des secteurs australiens agricole, forestier et de la pêche : dans un premier temps, des exportations difficiles vers la Chine pour les produits les plus exposés (restauration hors foyer, produits du bois) ; ensuite, une interruption des chaînes logistiques et d’approvisionnement, et un manque de disponibilité de la main-d’œuvre, notamment immigrée (horticulture et productions intensives). Toutefois, ce sont bien les conditions saisonnières, et tout particulièrement les sécheresses des trois dernières années, qui conditionnent le plus l’avenir de ces secteurs. Dans un article de son Economic Bulletin, la Banque d’Espagne propose des scénarios de référence pour l’économie espagnole post-Covid-19. Deux méthodes sont utilisées, la première évaluant les pertes par secteurs suite aux mesures de confinement, la deuxième simulant les principales chaînes de transmission des effets économiques de la pandémie.

En France, le Haut conseil pour le climat (HCC) a rendu public, toujours en avril, un rapport spécial intitulé Climat, santé : mieux prévenir, mieux guérir. Le HCC y tire les enseignements des crises sanitaires et environnementales, puis envisage diverses pistes « pour la suite ». Concernant les zoonoses, un Décryptage de l’Iddri s’intéresse aux options de régulation des rapports entre humains et faune sauvage. Les auteurs identifient quatre entrées clés, requérant des réponses institutionnelles adaptées.

Parmi les diverses publications envisageant les conséquences alimentaires de la pandémie, un article paru dans l’European Journal of Clinical Nutrition adopte une entrée nutritionnelle et propose un cadre d’action à plusieurs niveaux : individuel (ex. : pratiques alimentaires), « communautaire » (ex. : accessibilité de l’alimentation), national (ex. : politiques agricoles et alimentaires, communication), global (ex. : accords commerciaux, normes alimentaires). Dans un autre article, paru dans Environment, Development and Sustainability, sont présentés les résultats d’une enquête en ligne conduite, en Tunisie, pendant les deux premières semaines de confinement et portant sur les évolutions consécutives des pratiques alimentaires et du gaspillage. Des changements allant dans le sens des recommandations internationales en la matière (FAO) sont déclarés, induits plus par les difficultés contextuelles (affectant les disponibilités alimentaires, les déplacements des personnes, les sources de revenus) que par des considérations environnementales. Par ailleurs, un rapport d’Euromonitor International envisage les conséquences de la crise sur les produits emballés (consommation au foyer, grignotage, produits laitiers).

Enfin, signalons les éclairages divers proposés par la Mission Agrobiosciences-INRAE dans le numéro 7 de sa revue Sésame ainsi que les autres articles proposés en ligne sur le thème du Coronavirus.

Julia Gassie, Centre d’études et de prospective

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