Le couvert forestier des zones arides serait sous-évalué de plus de 40 %

Une étude menée par une trentaine de scientifiques de treize pays, et publiée en mai 2017 dans la revue Science, a abouti à une réévaluation de 40 à 47 % du couvert forestier des zones arides. La surface forestière mondiale serait ainsi 9 % plus importante qu’anciennement calculé.

Sur la base d’images satellitaires à haute résolution fournies par Google Earth, couvrant plus de 210 000 parcelles de 0,5 hectare réparties sur l’ensemble du globe, l’équipe de chercheurs a pu réévaluer de près de 467 millions d’hectares – l’équivalent de la forêt amazonienne – le couvert forestier des zones arides. Ceci porterait leur superficie à 1 079 millions d’hectares, une étendue similaire à celle des forêts tropicales humides.

Comparaison des couverts forestiers dans les zones arides africaines entre l’étude présentée et une précédente étude

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Source : Sciencemag.org

Les zones arides couvrent actuellement les deux cinquièmes des terres émergées et sont localisées en Afrique au sud du désert saharien, autour du tropique du Capricorne et de la Méditerranée, en Russie, dans le centre de l’Inde, sur les côtes australiennes, dans l’ouest de l’Amérique latine, l’est du Brésil, le nord du Venezuela et de la Colombie, ainsi qu’au centre du Canada. Compte tenu de la pression de l’activité humaine et des changements climatiques à venir, ces zones pourraient couvrir, d’après ces scientifiques, plus de 50 % des terres d’ici la fin du XXIe siècle, d’où la nécessité d’affiner la quantification de leurs couverts forestiers afin d’en appréhender les contributions réelles au cycle mondial du carbone.

Toujours d’après les auteurs, ces connaissances permettraient la mise en place, dans ces régions généralement pauvres et déshéritées, de programmes de conservation et de restauration du couvert boisé. Ce couvert peut jouer un rôle important, non seulement dans la lutte contre le changement climatique, la désertification et la perte de biodiversité, mais aussi dans la fourniture de services écosystémiques en faveur des populations locales. En effet, ces écosystèmes procurent une partie non négligeable des ressources en alimentation, en énergie (chauffage et cuisson) et en fourrage pour les animaux aux 2 milliards de personnes vivants dans ces zones.

José Ramanantsoa, Centre d’études et de prospective

Source : Science

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