Quelle place pour l’agriculture dans les négociations climatiques internationales ?

En février, la CDC Climat Recherche a publié une Étude Climat intitulée Développement et perspectives de l’agriculture dans les négociations climatiques internationales. Ce travail montre que le secteur agricole, souvent considéré comme le parent pauvre des négociations, est bien reconnu tant pour son rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique que pour ses spécificités. Son traitement reste cependant générique, résultant de l’approche non-sectorielle des questions climatiques mise en place par la Convention-Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (CNUCC). Les auteures s’appuient sur l’analyse des négociations passées et citent en particulier l’intégration de l’agriculture dans les travaux de l’Organe de conseil technologique et technique de la CNUCC depuis 2009, une étape procédurale mais préalable à toute décision politique ou action. Elles évoquent aussi le rôle des mobilisations d’acteurs en parallèle au processus de négociation (exemple : organisations non gouvernementales, side-events), qui permet de construire une expertise et de faire émerger des concepts comme la Climate-Smart Agriculture.

Cette publication évoque également les difficultés rencontrées, expliquant des avancées parfois peu évidentes. Par exemple, d’un point de vue technique, le « Mesure, Reporting et Vérification des émissions » (MRV) est présenté comme la clé de voûte des dispositifs d’atténuation, alors même que la mise en place d’une méthodologie crédible est complexe. Le débat entre pays sur le choix d’une approche « adaptation prioritaire » ou « atténuation et adaptation simultanément » est aussi cité.

Enfin, l’étude propose des perspectives pour la COP21 qui aura lieu à Paris en décembre 2015, et lors de laquelle les auteurs ne s’attendent pas à ce que la question du secteur agricole soit tranchée. Elles y voient trois enjeux : crédibiliser les outils MRV, rassembler les usages des sols dans un secteur des terres et relier les ambitions climatiques aux autres processus des Nations unies (exemple : Objectifs du Millénaire). Pour aller plus loin que cette échéance, plusieurs pistes sont abordées, comme la continuité des débats sur l’agriculture dans la sphère onusienne ou une prise en compte de l’interface entre atténuation, adaptation et commerce international.

Élise Delgoulet, Centre d’études et de prospective

Source : CDC Climat Recherche

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